Ancien pouvoir Vs Nouveau pouvoir : pourquoi les marques doivent devenir « bilingues »

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Il y a quelques jours, j’évoquais dans cette liste de bonnes résolutions de rentrée l’opportunité de s’ouvrir à de nouvelles approches marketing et communicantes…

C’est ce que je vous propose de faire dès aujourd’hui, en découvrant l’analyse décoiffante et les précieux conseils de Jeremy Heimans et Henry Timms¹, deux sommités du web 2.0 qui viennent tout juste de publier un texte fondateur sur les nouvelles formes de pouvoir et la meilleure manière de les appréhender².

« Révolution numérique », « transformation digitale », « ubérisation de l’économie » : alors que la plupart des commentateurs tendent en effet à réduire les mutations actuelles de notre monde à des considérations purement technologiques, ces apôtres des approches collaboratives observent quand à eux dans les bouleversements en cours un changement bien plus profond et complexe : la lutte de plus en plus exacerbée entre deux forces opposées => l’ancien et le nouveau pouvoir.

Tandis que l’ancien pouvoir « fonctionne un peu comme une monnaie » que l’on thésaurise, apanage d’un petit nombre d’entreprises et d’individus qui le gardent jalousement, le nouveau pouvoir est quant à lui le cheval de bataille de la plupart des acteurs disruptifs et des champions de la nouvelle économie. Il est ouvert, participatif et « son premier objectif n’est pas de stocker mais de canaliser ». Cette différence de nature a pour corollaire une approche très différente des problématiques économiques et sociales et des solutions à apporter.

Dubitatifs ? La description des modèles du nouveau pouvoir et des valeurs qui le caractérisent, ainsi que la matrice originale proposée par les auteurs, permettant de positionner votre marque par rapport à ces nouveaux modèles/valeurs… devraient finir de vous convaincre…

Car à défaut de transformer radicalement et artificiellement le profil de votre entreprise, ou de privilégier l’une ou l’autre de ces formes de pouvoir, c’est bien le « bilinguisme » que recommandent Heimans et Timms. D’après ces visionnaires, les organisations qui réussiront demain seront en effet celles qui s’auront s’adapter aux mutations de leur environnement, en sachant jouer aussi bien des codes de l’ancien que du nouveau monde.

Modèle purement consumériste versus modèles participatifs 

Google, Facebook, Airbnb, Etsy et Kickstarter, Uber ou Wikipedia… Pour Heimans et Timms, les marques les plus représentatives du nouveau pouvoir ne se contentent pas d’être « disruptives » sur le plan technologique seulement… A de très rares exceptions près, elles incarnent toutes de nouveaux modèles économiques et de nouvelles valeurs, qui n’ont pas fini de bouleverser nos vies et nos manières de travailler, d’apprendre, de nous divertir et de consommer.

Tandis que la réussite des marques les plus symboliques de l’ancien pouvoir (les auteurs incluent Apple dans le lot) tend à s’appuyer sur un modèle et une relation essentiellement consumériste avec leurs parties prenantes (tel magazine nous incite à nous réabonner, tel industriel cherche à nous vendre coûte que coûte sa dernière innovation…), les individus et organisations représentatives du nouveau pouvoir s’appuient au contraire « sur la capacité et le désir croissant des individus à être associés aux processus d’une manière qui dépasse la simple consommation ».

Ainsi, sur une échelle illustrant la complexité de la relation à la marque, les entreprises limitant strictement cette relation à la consommation et celles proposant une participation / implication supérieure de l’individu, se différencient nettement (voir le graphe ci-dessous).

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De fait, tandis que Facebook offre la possibilité à son milliard d’utilisateurs de partager et façonner des milliards de contenus par mois et que Nike propose à ses clients de designer leurs propres chaussures via l’application NikeID (= nouveau modèle de partage et d’appropriation), les plateformes participatives telles que Kickstarter ou Wefunder se sont imposées auprès de milliers de créateurs en quête de financement (nouveau modèle de financement).

Plus impliquantes encore sur l’échelle de la participation, les marques rupturistes telle qu’Airbnb et Uber, mais aussi YouTubeEtsy ouTask Rabbit co-produisent avec un grand nombre d’individus (particuliers louant leur bien, chauffeurs avec voiture VTC, vidéastes…) des produits et services innovants qui concurrencent frontalement les acteurs de l’ancienne économie (nouveau modèle de production). Enfin, les marques s’appuyant à 100% sur un développement collaboratif, telles Wikipedia ou Linux représentent en quelque sorte le nec plus ultra de l’implication (nouveau modèle de propriété partagée), à des années lumières des marques purement consuméristes justement…

Des valeurs diamétralement opposées et l’émergence sans précédent du collaboratif

Mais les plus grosses divergences entre ancien et nouveau pouvoir s’expriment surtout sur le terrain des valeurs. « Parallèlement à l’intégration de nouveaux modèles de pouvoir dans notre quotidien et au fonctionnement de nos communautés et de nos sociétés, il se forge en effet un nouvel ensemble de valeurs et de croyances » confirment en coeur Heimans et Timms.

Chaque fois qu’un utilisateur a recours à une des marques citées ci-dessus (Uber, Airbnb, Facebook ou Kickstarter…) celui-ci fait l’expérience d’une nouvelle relation aux marques… et c’est souvent toute sa conception de la consommation qui s’en trouve dès lors modifiée, les nouvelles modalités d’acquisition passant par le partage et la collaboration, là où l’ancien pouvoir n’a que l’achat du bien ou du service convoité à proposer.

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Ainsi, tandis que l’adolescente qui lance sa propre chaîne sur YouTube devient d’emblée une créatrice de contenu et s’affranchit de passer par les médias et les autres intermédiaires classiques de la production (maison de disque, studio…), l’utilisateur de Blablacar peut découvrir l’intérêt du covoiturage et voir son opinion évoluer sur l’intérêt même de posséder une voiture. De même, l’emprunteur inscrit sur la plateforme de financement participatif Lending club ne se contente pas de trouver un prêt en ligne. Ce faisant, il court-circuite directement la plus vieille des institutions de l’ancien pouvoir : les banques… On pourrait multiplier ainsi les exemples de relations qui se trouvent complètement modifiées entre les marques et leurs parties prenantes.

La participation des individus à leur société ayant tendance à devenir pour eux un droit inaliénable, les entreprises et marques du nouveau pouvoir répondent à ce besoin à leur manière, avec une approche et des valeurs bien différentes de l’ancien pouvoir. En voici résumées les grandes lignes, dans le tableau ci-dessous…

Tableau

 

Et vous, parlez-vous le nouveau pouvoir ?

Pour s’adapter aux formes émergentes de pouvoir décrites ci-dessus, la plupart des entreprises et des marques se trouvent assez embarrassées. Beaucoup, ne maîtrisant pas les nouveaux codes et ne sachant comment exercer leur influence dans ce nouveau contexte, optent pour un vernis technologique (recrutement de responsables innovation ou d’un digital transformer par exemple), pensant que cela est suffisant et leur servira de « caution numérique » dans le monde qui se dessine.

Mais évidemment, comme le soulignent Heimans et Timms, cela est loin d’être suffisant. Développer son habileté et ses compétences en matière de nouveau pouvoir, requiert d’après eux d’en passer par 3 étapes incontournables :

  1. Evaluer son positionnement au cœur d’un environnement en perpétuelle mutation (en se fondant sur la « matrice des pouvoirs » ci-dessous) ;
  2. Canaliser ses détracteurs les plus virulents ;
  3. Développer une réelle capacité de mobilisation autour de sa marque.

ETAPE 1 : pour ce qui est d’évaluer le positionnement de sa marque (dans l’absolu et par rapport à ses concurrentes directs ou aux acteurs d’autres marchés), Heimans et Timms  préconisent d’utiliser la « matrice des pouvoirs » ci-dessous…matrice5

En croisant les dimensions « modèles » et « valeurs » propres au Nouveau et à l’Ancien pouvoir, les auteurs ont en effet défini une typologie de 4 familles de marques, parmi lesquelles il est assez facile de s’identifier.

Ainsi, dans la famille « forteresse » se retrouvent toutes les marques traditionnelles, dont les méthodes sont encore aux antipodes de la culture de participation promue par le nouveau pouvoir. Apple, avec son goût du secret, son agressivité en matière de brevets et sa stratégie soigneusement orchestrée fondée sur une exclusivité savamment entretenue fait partie de ces « dinosaures », malgré la modernité de ses produits et son énorme communauté de fans. Car contrairement à Google, la firme de Cupertino évite consciencieusement tout approche collaborative.

Dans la famille des « connecteurs » se retrouvent des marques telles que Facebook, tiraillées entre leur modèle économique innovant et leur approche finalement très traditionnelle du business. Tandis que la participation des individus est largement encouragée sur le site, des valeurs beaucoup plus traditionnelles animent ses dirigeants, dont les décisions ignorent souvent les désidératas des utilisateurs et de sa propre communauté de fans.

A l’inverse, dans la famille « Meneurs » se retrouvent des marques qui conservent un modèle d’ancien pouvoir, tout en embrassant pleinement les valeurs du nouveau : Patagonia par exemple, malgré son business model traditionnel, se distingue néanmoins par son attachement à des valeurs typiques du nouveau pouvoir.

Dans la dernière famille, celle des « foules », sont rassemblés les acteurs du pouvoir les plus purs : Wikipedia, Etsy, Bitcoin, Linkedin ou Google. Davantage pilotées ou mes par l’intérêt de leur communauté, ces e-brands (elles en sont toutes) célèbrent en effet le pouvoir du collectif.

Déterminer l’impact du nouveau pouvoir sur son activité ; canaliser ses détracteurs et développer une capacité de mobilisation…

Pour déterminer la stratégie à suivre, positionner sa marque sur la matrice des pouvoirs au regard de sa situation actuelle ne suffit pas. Il est également utile de positionner ses concurrents (directs ou indirects) sur la matrice pour voir de quelle « marge de manoeuvre » on dispose, et il faut tout prix déterminer en parallèle quel est l’impact réel du nouveau pouvoir sur son secteur d’activité.

Au regard de ce premier constat, on peut recommencer l’exercice en essayant de positionner sa marque là où on voudrait qu’elle soit sur la matrice à l’horizon de 5 ans. Cette démarche permet tout simplement à l’entreprise de savoir s’il est réellement nécessaire d’entreprendre des actions spécifiques pour « cultiver le nouveau pouvoir ». En fonction du marché sur lequel on opère, cela peut ne pas être le cas.

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Apprendre à canaliser des détracteurs. Dans cette phase d’introspection qui doit précéder tout investissement dans les mécanismes du nouveau pouvoir, Jeremy Heimans et Henry Timms recommandent aussi de procéder au test suivant : imaginer ce qui se passerait si une organisation représentative du nouveau pouvoir (du style Avaaz, ou Greenpeace) se mettait à cibler votre marque ? Que lui reprocherait-elle ? Qu’essaierait-elle de transformer ? Quelle répartition du pouvoir remettrait-elle en cause au sein de votre structure ? En poussant l’exercice de prendre en compte ces formes de protestation radicale, toute entreprise peut être amener à se remettre en cause et à mieux définir son organisation et sa mission, pour que celles-ci soient plus « transparentes » vis-à-vis de  l’extérieur.

Développer un état d’esprit de mobilisation. Une fois décidé l’apprentissage de cette nouvelle langue qu’est le nouveau pouvoir, il ne suffit pas, on l’a dit, de se contenter de saupoudrage technologique et de se satisfaire de déclarations de bonnes intentions. Il faut repenser complètement sa communication et trouver tous les moyens d’associer et d’impliquer plus étroitement ses parties prenantes dans la conception et le développement de ses nouveaux produits et services, et dans leur promotion.

La capacité à mobiliser des dizaines, voire des centaines de milliers de fans ou de partisans, même de manière ponctuelle autour d’un combat ou de valeurs à défendre, est une des grandes forces des champions du nouveau pouvoir tels que Google ou Wikipedia. A plusieurs reprises, ces acteurs ont su s’associer et convaincre les foules de les soutenir, pour le recul de la législation contre la « piraterie en ligne » par exemple.

En période « normale » comme en situation de crise, la faculté à rassembler pour et autour de soir de larges communautés d’ambassadeurs, devient de plus en plus une des clés de pouvoir et une preuve de la puissance des marques.

De l’intérêt d’être réellement « bilingue »

Comme le prouvent le succès de nombreuses organisations « hybrides » alliant les forces de l’ancien et du nouveau pouvoir, la meilleure stratégie pour nombre d’entreprises est sans doute le « bilinguisme » que j’évoquais ci-dessus.

Tout en continuant à utiliser son vieux carnet d’adresses Rolodex et les contacts précieux qu’il contient dans les sphères de l’ancien pouvoir pour monter son projet, Ariana Huffington à réussi à créer un plateforme regroupant quelques 50 000 blogueurs indépendants, fers de lance du nouveau pouvoir. Ce faisant, elle a pu obtenir ce dont elle avait besoin : capitaux, légitimité, partenariats, notoriété… beaucoup plus vite que si elle avait négligé les formes institutionnelles et traditionnelles du pouvoir.

Et c’est bien l’erreur commise par de nombreux patrons de startup justement, à savoir négliger de développer un réseau et ne pas savoir tirer parti des structures de l’ancien pouvoir, qui peut s’avérer fatale à leurs projets.

A contrario, Jeremy Heimans et Henry Timms recommandent aussi aux champions du nouveau pouvoir de respecter leur communauté… et de ne pas devenir à leur tour le patron à abattre. En adoptant, un peu trop vite et trop facilement sans doute, toutes les valeurs et les visées du capitalisme le plus traditionnel, comme l’ont fait Jeff Bezos chez Amazon ou Marc Zuckerberg avec Facebook, on peut déstabiliser et décevoir profondément ses fans et sa communauté, toujours susceptible d’aller voir ailleurs.

En définitive, on le voit : plutôt de privilégier l’une ou l’autre des formes de pouvoir, qui chacune ont leur défaut et leur limite, le bon arbitrage pour les marques de demain pourrait être de savoir jouer des avantages de l’un et de l’être de ces modèles. CQFD…

 

 

Sources et légendes : 

(1) Jeremy Heimans est le cofondateur et P-DG de Purpose, une entreprise de conseil dans le secteur social et solidaire. Il est également le cofondateur des communautés GetUp et Avaaz. 

Henry Timms est le directeur exécutif du centre communautaire et culturel 92nd Street Y à New York.

(2) Article « Comprendre le Nouveau Pouvoir », Harvard Business Review – Août-Septembre 2015

Iconographie : Grégoire Guillemin, TheBrandNewsBlog (infographies), Harvard Business review

 

 

Image qui marque versus image de marque : la morale implacable des réseaux sociaux

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Comment y échapper ces derniers jours ? Tandis que la première semaine de l’année restera marquée par les images des attaques terroristes de Charlie Hebdo et du supermarché cacher de la Porte de Vincennes, cette première semaine de rentrée nous laissera en souvenir une autre image, tout aussi indélébile. La photo terrible du corps sans vie d’Aylan Kurdi, cet enfant échoué sur une plage turque, dont l’horreur a soudain semblé sortir de leur torpeur des opinions publiques occidentales jusqu’ici modérément mobilisées par la question des migrants.

Etait-il besoin qu’un tel drame se produise (un de plus), pour que l’Europe et les pays occidentaux prennent enfin conscience de l’ampleur du problème et du drame vécu par ces familles ? Ou bien l’émotion soulevée par l’image de cet enfant explique-t-elle à elle seule la colossale mobilisation qui s’en est suivie et le revirement dans l’attitude des Etats européens ?

Sans doute un peu des deux. Mais on observera qu’une fois encore, à l’instar des grandes photos de guerre devenues célèbres (et encore davantage du fait du rôle d’accélérateur joué par les réseaux sociaux), certaines images ont bien le pouvoir de modifier le cours des évènements…

Aux antipodes de ce cliché dramatique devenu symbole, que dire des images publiées ces jours-ci sur le compte Twitter de Bernard-Henri Lévy, à l’occasion de sa visite en Syrie (voir ci-dessous les images en question)Que mes lecteurs me pardonnent de comparer ainsi deux séries de photos d’une portée aussi différente. Mais, publiées le même jour ou presque, il m’a semblé qu’il y avait des leçons à tirer de leur perception très contrastée par les socionautes et de leur sort sur les réseaux sociaux, au-delà de leur télescopage visuel et calendaire…

Le décryptage du BrandNewsBlog : deux prises de vue bien différentes, deux intentions photographiques diamétralement opposées…

Le débat, très ponctuel et franco-français semble-t-il, sur l’opportunité de publier en Une des journaux la photo du petit Aylan semble déjà dépassé. Car, étalée en couverture de tous les titre de la presse internationale et abondamment relayée sur les réseaux sociaux dès ce mercredi, tout le monde ou presque l’a vue et en a compris la portée universelle. Partout, elle a créé le même choc. Et déclenchée la même réaction : la prise de conscience que le drame vécu par les migrants était devenu l’affaire de tous et une ignominie difficilement tolérable au nom de l’humanité.

Premier corollaire de sa force visuelle, cette image jetée à notre figure a en effet rendu impossible le mécanisme habituel par lequel se « protège » chaque individu : le déni. Impossible en effet de ne pas regarder en face ce cliché et de pas être rattrapé par sa violence et la crudité de son « message ».

Sur la forme de cette série d’images (car il s’agit bien d’une série), nul effet ni point de vue d’auteur exprimé par la photographe Nilüfer Demir. Le style est celui du reportage « brut » et on devine que l’image de l’enfant en gros plan a été prise au téléobjectif, au-delà du périmètre aménagé par les autorités turques. Les autres vues, celles de l’enfant dans les bras d’un militaire, sont de la même veine. La photographe s’est complètement effacée devant son sujet, elle même choquée par le spectacle qu’elle avait sous les yeux, comme elle l’a ensuite expliqué aux médias.

A contrario, dans les différentes images de Bernard Henri-Lévy prises en Syrie par Alexis Duclos, on peut a minima parler de reportage « orchestré ». Certes, le style se rattache bien au genre du reportage, mais à quelques rares exceptions près, les cadrages et les poses trahissent une mise en scène évidente. Comme cette image (impossible sur un théâtre d’opération) de Bernard Henri-Lévi entrant prudemment avec un soldat armé dans une maison… où le photographe se trouve déjà pour prendre sa photo (!). De même, les vues de combattantes kurdes entourant l’écrivain à Erbil, ou de BHL regardant une carte avec un officier, s’apparentent davantage au photomontage qu’à la capture de moments de vérité…

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Crudité de l’actualité d’un côté, reportage complaisant et personal branding de l’autre…

Continuons le décryptage et que voit-on ? Sur la photo du petit Aylan qui a fait le tour du monde : le corps encore habillé d’un enfant couché face contre sol. Et il faut une fraction de seconde (c’est là la force terrible de cette image) pour comprendre qu’il n’est pas en train de dormir… Contre toute apparence, il s’agit bien d’un cadavre et on le découvre comme tel au bout d’un moment, comme dans le Dormeur du val de Rimbault en quelque sorte.

Pour l’image de BHL ci-dessous, que voit-on en revanche ? Celle d’un homme sûr de lui qui avance au milieu de combattantes kurdes enjouées. Lui au milieu et un pas devant, elles derrière. Comme sur toutes les autres photos et dans nombre de déplacements précédents, Bernard Henri-Lévy porte un costume sur mesure et une chemise blanche immaculée, cette célèbre chemise blanche « signature », dont le journaliste Doug Ireland nous avait livré le secret il y a quelques années (voir l’article ici) : « elle est un élément important de l’image télévisuelle et publique de BHL, qui en dit beaucoup sur l’homme. Si vous essayiez de faire la même chose avec votre propre chemise, le col s’affaisserait. Mais les chemises de BHL sont conçues spécialement par le fameux chemisier Charvet, avec des cols qui résistent au déboutonnage et ne disparaissent jamais sous le col de sa veste».

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On comprend qu’avec un pareil uniforme, Bernard-Henri-Lévy se sente en sécurité sur le front syrien ;-)

Ainsi costumé et apprêté, reconnaissable entre tous avec sa grande chevelure grisonnante, absorbé par la contemplation d’une carte militaire ou bien debout, en majesté derrière des sentinelles en faction… BHL se donne en spectacle en singeant la contenance et les manières d’un chef d’Etat.

Capture d’écran 2015-09-06 à 07.12.03Placé au centre de chaque image, dont il est le finalement le véritable « héros », les kurdes jouant en quelques sortes le rôle de faire-valoir, on comprend bien qu’il est ici question de personal branding. Un reportage complaisant moins destiné à valoriser l’armée kurde (qui n’avait pas besoin de BHL pour cela) qu’à mettre en valeur la marque personnelle de Bernard-Henri-Lévy, et redorer sans doute son image, bien écornée ces dernières années…

Buzz et bad buzz sur les réseaux sociaux

En définitive « vertueuse » quand il s’agit de transformer en buzz une histoire qui le mérite, et implacable à repérer et sanctionner les contenus frelatés et/ou boursouflés d’ego, la Twittosphère et ses Twittos auront réagi les premiers à la publication des photos du petit Aylan Kurdi… et vivement réagi aux gesticulations syriennes de BHL.

Tandis que l’émotion s’emparait des réseaux au sujet de la tragédie de Bodrum et du sort des migrants (prétexte hélas à quelques tweets indignes, comme ceux ci-dessous), les socionautes s’emparaient aussi sans vergogne des tweets publiés par son éditrice sur le compte de Bernard Henri-Lévy, pour s’en moquer ou les détourner (voir ici l’excellent article à ce sujet de la libre Belgique).

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Moralité : si les réseaux sociaux ne sont assurément pas gages de vertu (suffisamment de débordements et de déviances nous le prouvent tous les jours), ils constituent un tremplin viral naturel aux émotions les plus SINCERES de la société.

Quand les intentions sont moins louables et la sincérité sujette à caution (BHL semble aujourd’hui tellement préoccupé de lui-même que son ego vampirise toutes les causes dont il s’empare), le retour de bâton est en général immédiat. Et souvent humoristique et brillant. Les vertus d’une « modération » naturelle, à l’échelle des millions d’utilisateurs des réseaux sociaux ? Même si cela reste à démontrer, les deux cas évoqués ci-dessus plaident en ce sens…

Et un double constat apparaît de plus en plus évident : les socionautes sont non seulement devenus des champions du décryptage, mais ils ne sont plus prêts à avaler n’importe quoi… et le font savoir !

 

Marketers & communicants : 6 bonnes résolutions pour ne pas rater votre rentrée !

6bonnesresolutionsAlors voilà, ça y est, ce coup-ci tout le monde est de retour, ou presque ? Re-sourcé(e), détendu(e), re-boosté(e), vous vous préparez à attaquer ce mois de septembre avec une patate d’enfer et un appétit d’ogre ou d’ogresse ? Mais oui, of course. Comment pourrait-il en être autrement, d’ailleurs ? Peut-être même, pour certains parents, êtes-vous déjà en train de préparer en ce dimanche le cartable du petit dernier et de lui faire essayer ses jolies chaussures à scratch ?

Si tel est le cas, bravo ! Il semblerait bien que vous soyez presque prêt(e).

Oui, PRESQUE. Car avant d’entamer cette redoutable rentrée des classes communicantes, il s’agirait de s’entendre sur quelques règles de base, histoire de ne pas louper votre atterrissage (ou le décollage, tout dépend de votre point de vue).

En guise de revue de presse express et à la lueur des quelques « perles » communicantes qui ont émaillé cet été, je vous propose sans plus attendre une liste de 6 bonnes résolutions ou plutôt des 6 travers et boulettes qu’il s’agirait d’éradiquer définitivement pour que cette reprise de collier ne vire pas au cauchemar et à la prise de casque. Tout le monde est bien concentré ?? Alors on y va, step by step

>> BONNE RESOLUTION N°1 : on arrête de mettre le terme « ubérisation » à toutes les sauces…  

Oui, de grâce ! C’est vrai que depuis le printemps dernier, les médias en ont fait des tonnes avec le vilain Uber et les irrascibles chauffeurs de taxis… Leur différend surmédiatisé n’est sans doute pas pour rien dans la popularité fulgurante de ce terme affreux à l’oreille mais facile à retenir : l’ubérisation. Il est certain qu’avec son néologisme (puisque c’est lui qui l’a inventé et utilisé le premier, dans cette interview de décembre 2014), Maurice Lévy ne s’attendait sans doute pas à un tel succès, sans quoi on le connaît, il se serait empressé de déposer un copyright !

PrintMais voilà, la bouteille à la mer était lancée. Et depuis, combien s’en sont emparés ! Et que d’approximations ! Même le magazine Capital n’y a pas résisté, en définissant l’ubérisation dans son numéro du mois d’août comme un vulgaire synonyme de « mondialisation » (?), ce qui est tout de même méchamment réducteur ! Bref : si vous ressentez vraiment l’impérieuse envie d’employer le terme dans un dîner en ville, faites le avec parcimonie (car il commence déjà à sentir un peu le rance) et basez-vous au moins sur cette définition, qui me paraît la plus complète.

Et NON, définitivement : Lady Gaga n’a pas « ubérisé » Madonna… De même que le slip kangourou n’a pas été « ubérisé » par le boxer (regardez le succès du Slip Français, si ce n’est pas une preuve !). Bref : un peu de sérieux et de retenue dans l’emploi de ce concept-valise, avant qu’il ne finisse comme tout buzzword : à la soute.

>> BONNE RESOLUTION N°2 : promis, on ne laisse plus les clés du camion au patron pendant les vacances… 

Aïe Aïe Aïe. Mais qu’est-ce qu’il lui a pris, à Guillaume Pépy, d’accorder cette interview en plein milieu de l’été au Financial Times (voir l’article ici) ?? Sans avoir pris le temps de se préparer, de toute évidence, au style « enlevé » et à l’art de la mise en boîte qu’affectionnent les journalistes britanniques… Il faut croire que ses dircoms devaient être à la plage (en même temps c’était de saison, si l’interview a bien eu lieu au mois d’août), ou bien qu’ils avaient piscine ce jour-là ?

Toujours est-il que notre champion du rail s’est pris un joli coup de pied de l’âne et a du faire une sacrée tête quand il a découvert dans le FT du 17 août le titre de son interview : « I have no passion for trains, really » = Je n’ai aucune passion pour les trains !! Et d’expliquer, dans le corps de l’article, que tout petit, et même plus grand, il ne s’est jamais vraiment intéressé à la chose…

Succès garanti ! A défaut de faire un tabac en Angleterre, l’article (qui traitait par ailleurs de sujets très sérieux dont le développement et l’internationalisation de la SNCF) a été repris par une bonne partie de la presse française, surtout consternée par l’aveu embarrassant de notre compatriote. Et que dire de l’impact d’une telle déclaration et des conséquences de cette « boulette » auprès de dizaines de milliers d’agents SCNF ?

Il faut sans doute être un ancien énarque pour ne pas percevoir quels dégâts ce genre de propos est susceptible d’occasionner auprès d’une base interne encore très attachée au ferroviaire… Avant d’exporter son modèle dans d’autres secteurs (tourisme, hôtellerie, cuisine macrobiotique ?…) et de s’emballer comme le fait Guillaume Pépy pour ses nouveaux projets de diversification, la SNCF reste en premier lieu une entreprise qui fait rouler des trains et ses collaborateurs, des cheminots.

… Une boulette suffisamment médiatisée pour que la direction de la SNCF se soit fendue, dès le 18 août, de cette publication en forme de mea culpa. Mais c’est promis Président : le prochain coup, on ne vous laissera pas y aller tout seul ;-)

>> BONNE RESOLUTION N°3 : on explique aux hommes et femmes politiques (donc à vos chefs, mesdames et messieurs les communicants publics) qu’il ne sert à rien de s’exciter sur Twitter au mois d’août…

Oui : ce n’est pas parce que les ténors, de droite comme de gauche, se sentent pousser des ailes à deux ans de la présidentielle, ni parce que les Français sont sensés avoir plus de « temps de cerveau disponible » l’été, qu’il s’agirait de faire n’importe quoi  !

Et dans ce registre, il faut bien reconnaître que l’engagement 2.0 de notre classe politique aura battu cet été tous les records, tant les réseaux sociaux (et Twitter en premier lieu) semblent plus que jamais devenus la panacée pour tous ceux et celles qui veulent se montrer – ou se démarquer -.

Cela dit, rien de très neuf sous le soleil, objecteront les spécialistes. Car les politiques (en tout cas certains d’entre eux) ont pris depuis plusieurs années l’habitude de profiter de l’accalmie estivale pour squatter les médias… «L’été est en effet une période propice pour faire des coups, car les médias sont davantage susceptibles de les relayer», note ainsi le communicant François Belley. Et 20 minutes de nous expliquer, dans un article instructif (à lire ici) « Pourquoi l’été est le ‘bal des ambitieux’ en politique ».

Rien d’étonnant, dès lors, en plus de leurs confidences ou de leurs sorties dans les médias « classiques », à retrouver les Anne Hidalgo, Bruno Lemaire, Sarkozy, NKM, Juppé, Bertrand et autres Manuel Valls en tête de gondole sur vos réseaux favoris. Et je ne vous parle même pas de ces innombrables tweets et clashes autour de Tel Aviv sur Seine, des querelles de famille au Front national, ni des escarmouches locales ou ponctuelles (exemple ici) qui n’ont cessé d’émailler tout l’été et ont fait les choux gras de politiciens en quête d’exposition.

Qu’il s’agisse, pour les « outsiders » comme Bruno Lemaire, candidat putatif aux primaires de 2017, de développer leur notoriété et « d’aller à la rencontre des Français », ou bien de nourrir leur marque, comme ne manque jamais de le faire Manuel Valls… tous les prétextes sont bons.

Mais à multiplier ainsi les tweets en période creuse, souvent à la limite du dérapage et toujours au risque du bad buzz (car quoiqu’ils en disent, tous nos politiques sont loin de maîtriser l’outil), ne risque-t-on pas d’accentuer la lassitude des Français ? Et cette course à la notoriété est-elle réellement profitable pour l’image à long terme des candidats ? Qu’il me soit permis ici d’en douter. Les « points » acquis durant l’été ne compteront pas forcément au printemps (surtout celui de 2017). Et même les Twittos les plus addicts se déscotchent de leur écran au mois d’août… quoi que laisse penser ce classement des personnalités les plus influentes sur Twitter cet été, établi par le cabinet Occurrence.

BONNE RESOLUTION N°4 : on arrête de truffer d’emojis tous nos messages sur les réseaux sociaux… et on revient pendant 15 jours aux bons vieux émoticônes 

Bon, alors là je l’avoue, c’est surtout parce que cela m’arrange… Un brin empoté du clavier d’ordi (je sais, ce n’est pas bien), je n’ai toujours pas trouvé le moyen d’intégrer facilement ces foutus imagettes dans ma barre de menus (si tant est que ce moyen existe :)

Résultat : j’ai à peu près l’aisance et la réactivité émojique d’une huître… Et le temps que j’ai trouvé l’imagette qui me semble idoine parmi les centaines qui existent, je suis soudain pris de vertige, je sue à grosses gouttes => est-ce que celle-ci, que j’utilise pour la première fois, veut bien dire ce que je pense qu’elle veut dire ? Ou bien autre chose ?? Ne suis-pas en train, à l’issue de mon plein gré, de me moquer de mon interlocuteur ou de commettre une impardonnable erreur de goût ??? Pourquoi diable les emojis ne sont-ils pas toujours livrés avec leur traduction ????

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Alors certes, il est tellement simple et rigolo d’utiliser ces nouveaux smileys à partir du clavier d’un smartphone que mes enfants en ont truffé leurs sms tout l’été. Mais bon, passé un certain âge, est-il bien raisonnable de faire pareil, jusque dans nos échanges professionnels ?? La demi-douzaine de bons vieux émoticônes que je maîtrise n’étaient-ils pas plus tellement plus stylés, souvenez-vous : ;-)  :))  :-(  :-/  :=)  ;-D ??

Bon. Je sens que je frise la mauvaise foi et que je ne convainc personne là… On enchaîne 😅😉😜

> BONNE RESOLUTION N°5 : on prend de la hauteur / on essaie de rester zen le plus longtemps possible / on s’ouvre à de nouvelles stratégies marketing et communicantes

Vous l’aurez deviné : si je vous en mets ici « trois pour le prix d’une », c’est parce que ces bonnes résolutions font généralement partie du TOP 5 que les marketers et communicants reconduisent d’année en année, d’une rentrée sur l’autre… Et avec le même succès en général (très relatif).

Pas facile en effet, dans la plupart des organisations, de conserver la zénitude estivale plus de quelques jours après la reprise. Avec l’impression de devoir commencer ou terminer tout ce qu’on a pas eu le temps d’achever les deux premiers tiers de l’année, en plus des évènements déjà prévus au 3ème tiers…

Or, pour prendre de la hauteur, mieux vaut en général éviter le vol en rase-motte. Et c’est le plus souvent là que le bât blesse, bien sûr. Les contraintes budgétaires et organisationnelles jouant à fond, en plus de « l’effet crise », chacun semble courir sans cesse à la recherche du temps perdu.

Et c’est bien ce qui était ressorti de cette étude BCG-Alumni Sciences Po de la fin 2014, menée auprès de plusieurs centaines de professionnels de la com’. Si la plupart s’accordaient en effet à penser que leur fonction pourrait bien devenir plus stratégique à l’avenir, ils étaient encore une majorité à déplorer que leur temps soit complètement absorbé 1/ par les tâches opérationnelles (pilotage des actions de com’ et conception de supports : 60 %) ; 2/ par la gestion des imprévus (54 %) et 3/ les problèmes quotidien du management (49%)… Pas vraiment de quoi s’autoriser le temps de la prise de recul ou l’examen de nouvelles approches marketing & com’.

Alors dans ces conditions, à chacun de se trouver les raisons d’y croire et de conserver la niaque. Et aussi galvaudé que cela puisse paraître, l’optimisme reste dans doute une des pistes crédibles, comme l’exprimait ici avec brio Franck Confino. Si la réalité qu’il décrit semble très liée au contexte spécifique de la communication publique, les remèdes qu’il suggère me semblent assurément beaucoup plus universels. On peut aussi, si l’on est davantage adepte de la méthode Coué, relire chaque matin cette profession de foi sous forme d’affiche… Certes « bateau » mais cela ne mange pas de pain :)

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> BONNE RESOLUTION N°6 : pour ceux qui ne connaîtraient pas encore le phénomène #flashtweet, on suit le mouvement dès aujourd’hui… quitte à se créer enfin un compte Twitter !

Et ça tombe bien. Parce qu’après une pause estivale d’un mois (madre mía, que cela parut long !), la revue de presse éditorialisée par Emmanuelle Leneuf recommence justement ce mardi, jour de Rentrée des classes.

Le #flashtweet, me direz-vous ? Késako ? Il s’agit en fait d’un concept aussi simple que (redoutablement) efficace, comme le faisait judicieusement observer Benoît Raphaël (dans cet article) : soit un rendez-vous à ne pas manquer sur notre plateforme de micro-blogging favorite, où chaque matin, entre 7h30 et 8h30, Emmanuel Leneuf traque les 10 news essentielles du jour dans ses domaines de prédilection (innovation, numérique), les met en scène avec talent et les tweete sous le hashtag #flashtweet à son imposante communauté.

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Précédemment journaliste à la Lettre de l’expansion (entre autres) et insatiable chasseuse d’info, Emmanuelle Leneuf a réussi là où beaucoup avant elle avaient échoué. En quelques mois seulement, elle a en effet imposé cette revue de presse quotidienne auprès de milliers de followers enthousiastes et impliqués, qui ne manquent jamais une occasion de se faire les ambassadeurs du concept.

… Et ça dure : grâce à sa régularité de métronome, au sérieux et à la pertinence de sa sélection d’articles, mais aussi à la « joie pétillante » qui se dégage de son fil (pour reprendre l’expression de Violaine Champetier), le #flashtweet ne cesse de gagner en abonnés et en visibilité. Alors, si vous aussi avez envie de faire partie de l’aventure, vous savez ce qu’il vous reste à faire : cette rentrée est le moment idéal pour prendre (ou reprendre) de bonnes habitudes !

Très bonne semaine à tous,

Hervé Monier

 

 

Suite et fin : 15 experts de la com’ publique et territoriale à suivre…

Ce mardi, vous avez découvert sur le BrandNewsBlog les 7 premiers experts en communication publique et territoriale que je vous recommandais (voir ici). Voici donc les 8 autres professionnels que j’ai sélectionnés pour leur maîtrise des enjeux publics et territoriaux et pour leur dynamisme sur les réseaux sociaux.

Particulièrement actifs sur Twitter, ils adhèrent pour la plupart aux associations de communicants territoriaux telles que Cap’Com et ne manquent jamais une occasion de partager leur savoir ou des contenus à valeur ajoutée sur les différentes plateformes auxquelles ils sont abonnés.

Facilement accessibles, ils engagent volontiers la conversation et tiennent en haleine leurs abonnés… Alors n’hésitez pas à aller découvrir leur fil et à vous abonner à leurs autres comptes sociaux  : ils le valent bien !

experts

 

 

> Grégoire Ensel (@gregensel)

enselResponsable de la com’ de Dijon Habitat, après avoir notamment été Dircom’ de la Ville de Chalons-sur-Saône et du Grand Chalon, ce communicant  public et très geek ne manque rien de  l’actualité du digital, des réseaux sociaux et de la transformation numérique. Contributeur régulier sur le blog Siècle digital (voir ici la compilation de ses articles), Grégoire est également présent sur Viadeo et  Flipboard… entre autres.

                                                   

> Franck Confino (@franckconfino)

confinoEnfin libre ? Comme le proclame avec humour la bannière de son profil Twitter (« I am free »), il semblerait bien que Franck Confino ait récemment quitté l’agence de communication qu’il avait fondé, Adverbia, pour devenir freelance. Une nouvelle aventure pour ce serial entrepreneur et communicant de grand talent, qui n’a pas trop de souci à mon avis (pour mémoire, lui et ses équipes d’Averbia furent notamment les instigateurs de l’opération « l’Auwwwergne de la tentation », une web téléréalité humoristique et multi-primée qui fit un beau buzz pour cette région. Grand connaisseur du secteur public et de ses caractéristiques, Franck est également un « digital transformer » accompli, comme le prouvent ses réalisations et son investissement de tous les instants sur les réseaux et médias sociaux. On le retrouve en effet partout (ou presque) : Facebook, Pinterest, Linkedin, Intagram, etc.

> Séverine Alfaiate (@sel_aia)

AlfaiateDirectrice de la communication, de l’innovation numérique et citoyenne à la Mairie d’Orsay, après avoir notamment exercé au sein de services communication du secteur privé,  Séverine pratique elle aussi la « digital transformation » comme elle respire, puisqu’elle manage au quotidien 3 services aux cultures a priori bien différentes (quoique très complémentaires) : la communication, la médiation citoyenne et les SI.  Un beau challenge, pas nécessairement si dur à relever pour une professionnelle aguerrie, très engagée sur le web 2.0 et adepte des échanges et interactions à bâtons rompus. « Bonne cliente » pour les supports de la presse territoriale, qui l’interviewent régulièrement, Séverine est aussi très active sur de nombreuses autres plateformes comme Facebook, Google +, Linkedin… notamment.

> Camille Roux-Grave (@crouxgrave)

roux graveChargée de com’ au Conseil départemental du Val de Marne, après avoir été consultante en agence (chez Averbia – Sennse), Camille Roux-Grave est une communicante territoriale passionnée et passionnante. Digital girl convaincante, elle confesse être « à 60% twittomane et à 40 % facebookienne, 100 % connectée » et s’est intéressée très tôt à l’émergence du web participatif et à la promotion et la démocratisation d’usages web innovants. En dehors de son compte Twitter, sur lequel elle partage des contenus toujours ciblés et pertinents,  elle est également présente et active sur moultes plateformes (Viadeo, Linkedin, Pinterest, Google +…) et publie d’intéressantes contributions sur le blog territorial (voir ses articles ici). Bref, un compte qui vaut le détour, assurément!

> Cédrine Lebrument (@C_drine)

lebrumentDoctorante en Sciences de gestion et en Sciences de l’information et de la communication, après un début de carrière dans le marketing agro-alimentaire, comment aurais-je pu ne pas mentionner Cédrine dans cette shortlist ? Les sujets de prédilection de cette chercheuse en marketing territorial, aujourd’hui en mission auprès de l’ARDE (Auvergne Nouveau Monde) sont en effet les marques de territoires, les hashtags #placebranding et #regionalbranding constituant en quelque sorte son terrain de jeu favori. Il n’en fallait pas plus pour attirer mon attention, d’autant plus méritée que sa tweet line est à l’avenant, c’est à dire ciblée et rigoureuse, faisant la part belle à des contenus intéressants voire inédits sur les marques et leur gestion, et la stratégie marketing des territoires. On peut également suivre Cédrine sur Linkedin, Facebook notamment.

> Virginie Mahé (@virginiemahe)

maheDirectrice du Marketing territorial au sein de l’agence Souple/Hop!, après un parcours mené essentiellement en agences de communication (Vecteur Public, MMAP, Adverbia), Virginie est elle aussi une experte du branding territorial et des problématiques 2.0. Son compte Twitter, très suivi et dédié aux problématiques du tourisme, de l’attractivité, du marketing territorial et de la communication publique, ne met en avant que des contenus et des actus bien triés et sélectionnés (voilà quelqu’un qui sait twitter, serais-je tenté de dire : allez-y voir). Bref, pas de perte de temps avec elle mais des infos et des bonnes. Infatigable digital girl, on peut la suivre également sur Facebook, Linkedin, Scoop.it, Pinterest… et on retrouve ses présentations ou contributions sur le branding territorial sur Slideshare notamment.

> Frédéric Theulé (@FredericTheule)

theuleDirecteur communication de l’Institut d’aménagement et d’urbanisme de la région Ile de France, Frédéric Theulé a commencé sa carrière dans l’entrepreneuriat puis le journalisme territorial, en tant que rédac’ chef du mensuel de la CAG de Saint Quentin en Yvelines notamment. Passionné d’histoire et d’histoire contemporaine en particulier, il a consacré sa thèse à l’histoire politique des villes nouvelles. Un sujet parfaitement en ligne avec ses fonctions actuelles et les contenus qu’il partage aujourd’hui  sur Twitter et ses autres comptes sociaux. #GrandParis, #smartcity #urbanisme et #communication sont en effet les hashtags de prédilection de ce professionnel, présent également sur les incontournables Linkedin, Facebook…

> François Gombert (@FrancoisG)

gombertResponsable de la stratégie social media de la région Ile de France, après un début de carrière en agence (Thomas Marko & Associés), François est un digital boy et un « dealer de hashtags » suivi et reconnu.  Avec plus de 7 000 followers au compteur et une réelle influence en ligne, son fil Twitter est évidemment très orienté digital et web 2.0, comme ceux des non moins connectés Marc Cervennansky (Chef de projet web de Bordeaux Métropole >> @cervasky) ou Franck Ménigou (Directeur de projets numériques de Toulouse métropole >> @franckmen), que je recommande également. Mais François fait aussi la part belle à l’actualité de la Région Ile de France et à celle de Montpellier, sa ville de coeur. On le retrouve lui aussi, vous vous en doutez, sur tous les réseaux possibles et imaginables : Facebook, Linkedin, Google +, etc.

 

15 experts de la com’ publique et territoriale à suivre sur Twitter…

Il y a un mois, je terminais la Saison 2 du BrandNewsBlog en vous livrant une shortlist de 20 directeurs communication hyperconnectés à suivre sur Twitter (voir ici et ). Pour bien démarrer la Saison 3 de votre branding blog favori, je vous propose en cette semaine de pré-rentrée une nouvelle sélection, concoctée avec tout autant de minutie : celle des experts de la communication publique et territoriale les plus actifs sur Twitter (et sur les autres réseaux et médias sociaux).

Ce faisant, je réponds à une remarque qui m’avait été faite en juillet, après la publication de ma liste de dircom’ connectés justement : pourquoi avais-je retenu aussi peu de communicants publics dans mes choix ? Je répare aujourd’hui cette petite injustice (il n’y en avait en effet que trois) d’autant plus volontiers que j’ai toujours été frappé par la présence en ligne et le dynamisme de cette communauté de professionnels, dont les échanges sont souvent passionnants…

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De fait, les quelques 25 000 professionnels de la communication publique et territoriale sont loin d’être des néophytes en matière de réseau. Depuis 28 ans, ils disposent notamment de leur propre association : le très entreprenant réseau Cap’Com (en voir ici la présentation), qui propose aussi bien des colloques et des rencontres professionnelles que des supports d’information récurrents, des bases documentaires et des formations, etc.

Sur Twitter, les hashtags de ralliement #colter, #compublique, #compol et #markterr vous permettront d’accéder en un clic à des résultats aussi riches que qualitatifs sur les thèmes de la communication publique, politique et du marketing territorial. Parmi les autres ressources à signaler, je mentionnerai également quelques blogs territoriaux incontournables, comme celui de Marc Thébault par exemple (en voir l’adresse et le lien ci-dessous).

… En priant mes lecteurs d’excuser cette petite redondance : j’ai évidemment repris dans cette shorlist les noms des 3 dircom’ publics que j’avais déjà cités en juillet, car ils me paraissent incontournables.

Pour ce qui est en revanche de la parité hommes-femmes à laquelle je suis habituellement si attaché, j’avoue qu’il m’a été bien difficile en l’occurrence de la respecter, les communicantes territoriales étant manifestement beaucoup plus discrètes que leurs collègues masculins sur les réseaux sociaux… Un travers à corriger à l’occasion d’une prochaine shortlist, assurément. A ce titre, n’hésitez pas à me signaler les expertes à suivre selon vous : je mentionnerai leurs comptes à la fin de la seconde partie de ce billet.

D’ici là, bonne découverte de ces 7 premiers Twittos…

> Benjamin Teitgen (@bteitgen)

teitgenJusqu’alors adjoint au directeur de la communication de la ville de Besançon et responsable de sa communication digitale, après avoir occupé différents postes au sein de cette même mairie, Benjamin a commencé sa carrière comme journaliste (à la Gazette des Communes notamment). Membre du Comité de pilotage de Cap’Com et blogueur (découvrir ici son site : actuellement en cours de maintenance), ce communicant dynamique est également très actif sur Twitter, plateforme sur laquelle il ne manque pas de partager les dernières tendances de la communication et du digital, mais également les initiatives de Besançon et de Rennes, collectivité qu’il devrait prochainement rejoindre. Auteur avec Franck Confino de l’ouvrage Stratégies numériques et community management des collectivités locales, Benjamin est également présent sur Facebook, Viadeo, Linkedin, Pinterest, Google +, Scoop.it et j’en passe… Bref: un communicant à découvrir sans tarder.

> Marc Thébault (@marcthebault)

1mFhtGme copieComment établir une liste de communicants territoriaux et publics sans citer Marc Thébault ? De même que je n’avais pas hésité une seconde à l’intégrer dans ma shortlist de dircom’ connectés au mois de juillet, je ne pouvais manquer de citer ici ce professionnel connu et largement reconnu par ses pairs. Directeur de la communication de la Communauté d’agglomération de Caen-la-mer, après avoir été Directeur du marketing territorial de la Communauté d’agglomération de Saint-Etienne, Dircom’ de Saint-Etienne et d’Issy-les-Moulineaux, Marc « mastérise » la communication digitale. Blogueur généreux sur son site « Pensées, humeurs et techniques de com » (le meilleur blog concernant la communication territoriale selon moi), ce communicant 2.0 me régale depuis des années de ses billets toujours bien fichus, pédagogiques et bien écrits, quand ce ne sont pas ses tweets qui m’inspirent. Hyperactif sur Twitter (près de 30 000 tweets et 8 000 followers) et ailleurs (Linkedin, Viadeo, Facebook…) cet auteur de nombreux ouvrages sur la com’ publique vaut assurément le détour !

> Albine Villeger (@AlbineVilleger)

villegerAujourd’hui responsable du marketing territorial et de la communication en développement économique auprès de la Communauté d’Agglomération Evry Centre Essonne, après avoir été Chargée de la communication et du développement au Conseil départemental du Finistère, Conseillère auprès du cabinet du Maire du XIX arrondissement de Paris et journaliste, Albine est une « super Twitta » qui ne manque rien de l’actualité dans les domaines du numérique et des médias sociaux, du marketing et de l’attractivité territoriale mais également en matière d’urbanisme, de service public et d’agriculture urbaine (rien que ça !). Bref, son compte Twitter constitue une ressource aussi variée que pertinente, sachant qu’elle ne manque pas de retweeter toutes les informations intéressantes de sa collectivité et son département bien sûr. Avec plus de 17 000 tweets à son actif à ce jour, on la retrouve aussi sur Linkedin, Viadeo, Facebook, Scoopnest, Google +, Tumblr (entre autres…).

> Laurent Riera (@LaurentRiera)

OI11-Ls7 copieDirecteur de la com’ de Rennes, ville et métropole, après avoir été Dircom’ d’Evry Centre Essonne, Laurent est ce qu’il convient d’appeler un communicant public accompli (et très sympa, ce qui ne gâte rien !). Adhérent de Cap’Com, le particulièrement dynamique réseau de la communication publique et territoriale, Laurent est un de ces digital transformers, particulièrement actifs sur les réseaux et médias sociaux et qui n’hésite pas à mettre en pratique la transformation numérique au quotidien dans sa collectivité. Une exemplarité contagieuse, qu’il propage dans le métier à l’instar de ces autres dircom’ publics éclairés que sont par exemple Xavier Crouan et Marc Thébault (également cités par ailleurs dans cette shorlist). Un éclaireur 2.0 à suivre sur Twitter, Linkedin, Facebook, G+… entre autres.

> Xavier Crouan (@xcrouan)

XavierCrouan_web copiePour ceux qui s’en souviennent, j’avais eu l’occasion d’interroger il y a quelques mois pour le BrandNewsBlog le très dynamique Directeur général de la communication de la Région Ile-de-France (revoir ici son interview croisée au sujet du branding des marques de territoire). Précédemment DG de l’information et de la communication de la Ville de Rennes, cet expert de la com’ publique est actif sur un grand nombre de plateformes : Twitter, Linkedin, Viadéo, Facebook, G+, Scoopnest… et également présent sur YouTube et DailyMotion. Régulièrement interviewé sur ses sujets de prédilection (Open Data,  Open innovation), il n’est jamais en reste d’une bonne information à partager sur la transition numérique, les Big data, le tourisme et la région IDF bien sûr !

> Cécile Ferrer Staroz (@_Falbala)

falbalaTwittos prolixe (avec près de 19 000 tweets au compteur, excusez du peu !), Cécile Ferrer Staroz est une journaliste territoriale hyperconnectée, qui travaille aujourd’hui pour le Conseil départemental du Finistère. Bretonne d’adoption et de coeur, comme elle ne manque pas de le souligner, son fil Twitter très éclectique et plein d’humour est à découvrir pour tous ceux qui s’intéressent à la Bretagne, au numérique, à la culture… et 1 000 autres sujets. Pas de doute : si les articles de Cécile sont aussi variés et intéressants, les publications du Conseil départemental du Finistère doivent valoir le détour. Une professionnelle de la communication publique et territoriale à retrouver également sur Facebook, son autre réseau de prédilection…

> Christophe Alaux (@christophealaux)

alauxMaître de conférence à l’université d’Aix-Marseille et Directeur de la Chaire Attractivité et Nouveau Marketing Territorial (A&NMT), Christophe Alaux est également directeur adjoint et directeur des études de l’Institut de Management Public et Gouvernance Territoriale (IMPGT) de cette même université. Successeur de l’excellent Joël Gayet à la tête de l’A&NMT (autre expert territorial incontournable : @joelgayet), il tweete marketing territorial, place branding, attractivité et développement économique et partage à ce titre les contenus très pointus produits par la Chaire ou par d’autres experts de référence. En réseau avec la plupart des communicants territoriaux mentionnés par cet article, Christophe Alaux figure comme Joël Gayet parmi les agitateurs d’idées et autres grands éclaireurs de cette discipline toute récente qu’est le marketing territorial. Auteur ou co-auteur de plusieurs ouvrages (avec Joël Gayet notamment), Christophe Alaux est également présent sur Linkedin et régulièrement interviewé.

>> Découvrez dès jeudi les 8 autres experts de la communication publique et territoriale