
Depuis plusieurs années, le marché de l’emploi dans les métiers de la communication et du marketing vit une transformation profonde — à la croisée de la digitalisation accélérée, de l’émergence de l’intelligence artificielle et des bouleversements structurels que connaissent nos métiers : éclatement de l’écosystème médiatique et multiplication des canaux de communication, explosion de la quantité de contenus produits, polarisation et archipellisation des audiences, développement sans précédent des « vérités alternatives »…
A cet égard, alors que 2025 aura été marquée par une certaine prudence des employeurs, 2026 s’annonce déjà comme une année charnière : essor de nouvelles compétences et de nouveaux formats de collaboration, variabilisation croissante des modalités d’emploi au sein des organisations, montée en puissance du management de transition et redéfinition du rapport au travail et à la carrière… Les bouleversements s’annoncent nombreux et profonds.
Pour décrypter ces tendances et comprendre ce qui se joue dans nos métiers et au sein des entreprises, j’ai eu le plaisir d’échanger avec Louise Beveridge et Benoît Cornu, co-fondateurs du cabinet Juste¹, ainsi que Fabrice Valmier, co-dirigeant de la société VT Scan². Ces trois éminents experts et observateurs privilégiés de nos marchés, ont bien voulu me faire part de leur analyse, sans langue de bois.
…Où l’on mesure combien la capacité d’adaptation et d’apprentissage, tout autant que la maîtrise des autres soft skills de base de nos métiers (curiosité, écoute, humilité) sont et resteront plus que jamais d’actualité pour les marketeurs et communicants, dont l’expérience demeure particulièrement valorisée et recherchée.
Bonne lecture à toutes et tous et merci encore pour leurs précieux éclairages à mes interviewés du jour !

Le BrandNewsBlog : Louise, Benoît, vous êtes à la tête d’un des premiers cabinets français spécialisés dans le recrutement et dans la valorisation des talents dans le domaine de la communication et du marketing. A ce titre, vous disposez d’une vue privilégiée sur l’évolution du marché de l’emploi dans nos métiers. Quelle est la tendance aujourd’hui : est-ce que le volume des recrutements dans nos secteurs repart à la hausse, ou bien est-ce nuancé ? Et qu’en sera-t-il dans les prochains mois ?
Benoît Cornu : En ce qui concerne les recrutements en contrat à durée indéterminée notamment, l’année 2025 a été assez compliquée. On a pu constater que beaucoup d’entreprises étaient en quelque sorte en stand-by et que le volume des recrutements a été en recul par rapport à 2024. Pour autant, ce « gel » en termes d’embauche ne s’est pas traduit par un gel de la vie des entreprises, ni par un gel de leurs projets. Le marché du management de transition et des missions est resté quant à lui assez bien orienté, montrant même des signes très encourageants sur la fin 2025 et en début d’année. Donc pour 2026, nous restons confiants sur la dynamique globale du marché de l’emploi et de l’accès aux talents.
Louise Beveridge : Oui, pour rendre compte de la dynamique du marché du travail, dans notre secteur de la communication et du marketing, il faut en effet considérer les choses de manière « globale », en regardant à la fois les embauches en contrat à durée indéterminée et ce qui relève par ailleurs des missions. Nous ressentons d’autant mieux cela que notre cabinet est positionné sur la totalité du marché de l’accès aux talents. Or on l’a bien vu ces dernières années, quand les entreprises souffrent d’un manque de visibilité et ce à tous les niveaux (géopolitique, macro-économique, fiscal ou social…), elles ont évidemment tendance à recourir davantage au travail temporaire et aux missions, et à élargir le scope des modalités d’emploi, pour mieux répondre à leurs besoins à court et moyen termes. Dans la pratique, cette « souplesse » dans le recours aux différentes solutions et modalités d’emploi qui leur sont offertes (prestations externes, missions, management de transition, intérim, CDD, CDI) ne répond pas seulement à des impératifs financiers ou économiques : elle leur permet aussi de faire face plus facilement à un surcroît d’activité ponctuel ou bien d’intégrer de manière temporaire une nouvelle expertise, dans le but d’améliorer la performance globale d’une équipe. C’est tout l’intérêt du management de transition notamment, que d’avoir recours à un expert ou à un manager, dans un contexte de transformation ou d’évolution, comme celle que l’on connaît actuellement avec la digitalisation accélérée des activités MarCom et l’essor de l’intelligence artificielle notamment.
Benoît Cornu : Oui, dans le contexte de transformation et de mutation que vient d’évoquer Louise, il est certain que les entreprises trouvent un réel intérêt à variabiliser et à diversifier les modalités d’emplois et de collaboration au sein de leurs équipes, avec une « core-team » et des « co-teams » qui travaillent ensemble, pour mieux répondre aux nouveaux besoins. Cette souplesse permet aussi aux directions de mieux gérer les talents et de répondre aux nouveaux enjeux qui viennent les impacter (utilisation et maîtrise de la data, meilleure intégration de l’UX/l’UI dans les parcours clients, bouleversement de l’achat média, passage du SEO au GEO, intégration des IAs génératives et automatisation de leurs process…).
Le BrandNewsBlog : Sur ce marché de l’emploi que vous connaissez bien, y-a-t-il des secteurs ou des entreprises qui aujourd’hui se distinguent par leur dynamisme ? Constatez-vous une dynamique particulière et des besoins dans le secteur de la tech, du luxe, de la santé, ou bien dans d’autres industries ?
Benoît Cornu : Non, très franchement, on ne peut pas parler de dynamique intrinsèque spécifique à un secteur. En réalité, les embauches dans les domaines de la communication et du marketing restent, comme dans tout autre domaine, très liées à la conjoncture.
Si le secteur de l’immobilier est en difficulté, il y a aura évidemment moins d’embauches, y compris en communication et en marketing. Dans les secteurs des industries de défense, en revanche et pour ne citer que cet exemple, tout se passe plutôt bien en revanche et on n’observe plutôt une demande en hausse. De manière globale, les secteurs industriels se portent plutôt bien. Mais on ne peut guère en tirer davantage d’enseignement : que ce soit pour les recrutements en CDI, les contrats temporaires ou les missions, les embauches dans les domaines de la communication et du marketing restent très liées à la conjoncture et aux enveloppes budgétaires dont les directions peuvent disposer.
Le BrandNewsBlog : Avec la digitalisation sans cesse plus poussée des métiers de la communication et le développement de l’IA, quels sont les évolutions que vous constatez au sein des organisations ? Voyez-vous apparaître de nouveaux métiers ? De nouvelles expertises, hard skills ou soft skills sont-elles attendues de la part des candidats ? En un mot, comment la révolution technologique en cours se traduit-elle au sein des entreprises ?
Benoît Cornu : La révolution technologique est bien en cours au sein des organisations. Les directions de la communication et du marketing sont très impactées, non pas par une évolution « incrémentale » de leurs métiers, mais par une véritable révolution.
Depuis deux ans, les entreprises font en effet face à une véritable déferlante IA, plus ou moins bien gérée et maîtrisée, mais cette transformation n’est que l’arbre qui cache la forêt et s’ajoute à l’éclatement de l’écosystème médiatique et à la multiplication des canaux de communication, à l’explosion des volumes de contenus produits et accessibles, au développement des vérités « alternatives », à la polarisation et l’archipelisation des audiences, à la perte de confiance dans les institutions… Ce n’est donc pas seulement la création de contenus qui se retrouve impactée par l’IA générative, qui permet de produire davantage et plus rapidement. C’est l’ensemble du funnel marketing et des techniques de promotion, d’acquisition et de conversion qui est profondément modifié et auquel il faut s’adapter. La réputation est devenue algorithmique.
Pour les directions de la communication et du marketing, cela demande de nouvelles compétences et expertises, parce qu’en amont, il faut être capable de créer des contenus avec discernement, créativité, mais aussi une précision accrue à l’aide des outils d’IA générative notamment, tout en veillant aux fondamentaux de la marque et de l’identité de l’entreprise. Et pour la partie « flux » et diffusion, il faut être capable d’appréhender la diversité des canaux et le nouveau paysage média, d’exploiter intelligent la masse de data collectée et de piloter de manière très fine ses investissements médias et hors-média, en mettant en place des outils de mesure et KPI adaptés.
Louise Beveridge : A l’aune de ces évolutions, les équipes et directions de la communication et du marketing n’ont pas d’autre choix que de s’adapter et se former si nécessaire ; de savoir recourir aussi à des ressources externes et compétences qui leur permettront au besoin de franchir le cap. Au-delà de l’acquisition de nouvelles hard skills, je pense donc que l’employabilité à moyen et long termes des communicants et des marketeurs dépendra de plus en plus de leur soft skills, c’est-à-dire de leur curiosité, de leur ouverture, de leur capacité d’adaptation et d’apprentissage en particulier. Ce sont ces compétences qui dans le futur feront la différence.
A cet égard, il ne faut pas penser que l’IA va progressivement remplacer les équipes communication et marketing en place, ou qu’il n’y aura plus de recrutement… Quoiqu’il arrive, il y a aura toujours besoin d’experts du marketing et de la communication, mais des experts apprenants, maîtrisant la data et la techno, capables notamment de réaliser les automatisations de tâches, d’éduquer et contrôler des agents IA, etc.
Benoît Cornu : En ce qui concerne les métiers émergents, ceux que nous voyons de plus en plus intégrer les directions de la communication et du marketing sont en particulier les métiers touchant à la data (data scientists, data analysts) mais aussi à l’évaluation de la performance financière et du ROI des communications mises en place. En résumé, les nouvelles expertises que nous voyons apparaître sont très liées à la digitalisation et à sa maîtrise technique ou financière. A cet égard, nous voyons aussi que des chaînes complètes de compétences sont parfois ré-internalisées dans les entreprises, après avoir été confiées à des prestataires ou à des agences externes, dans le domaine du référencement et de l’achat média par exemple… Pour beaucoup d’entreprises en effet, l’enjeu que représente la maîtrise et le contrôle de la data est ou devient de plus en plus vital, et c’est sans doute une tendance qui va se renforcer, donnant une teinte de plus en plus technique aux directions de la communication.
Au-delà de ces nouveaux métiers qui ont le vent en poupe, nous voyons aussi une demande soutenue de profils d’experts média, qui sont particulièrement recherchés par les entreprises, mais des experts médias ayant une forte culture digitale. Cette « couche digitale » et la capacité d’adaptation et d’apprentissage qu’évoquait à l’instant Louise vont sans doute devenir des incontournables de nos métiers de la communication et du marketing. Evidemment, il y aura toujours besoin de stratèges et de créatifs… mais toutes ces fonctions devront posséder une excellente culture digitale et techno, encore plus demain qu’aujourd’hui.
Le BrandNewsBlog : En ce qui vous concerne Fabrice, en tant que dirigeant de VT Scan, premier cabinet conseil en management de la communication, vous êtes à l’intersection du monde des agences de communication et de celui des annonceurs. Comment percevez-vous cette révolution technologique dont nous venons de parler ? Et quels en sont les impacts en termes d’organisation, d’emploi et de métiers ?
Fabrice Valmier : Je rejoins ce qui a été dit par Louise et Benoît. Il y a encore aujourd’hui une grande imprévisibilité en termes de tendance et d’évolutions du marché de l’emploi, dans la mesure où on est encore en plein ajustement au sein des entreprises et des agences. Tout le monde subit de plein fouet cette révolution technologique et de l’IA dont vous venez de parler, qui en est encore à ses débuts et dont les impacts sont loin d’être stabilisés.
D’une part, en agence comme chez les annonceurs, on voit que tous les métiers « amont » liés à la production de contenus sont très fortement impactés, car l’IA permet de produire plus vite, à moindre coût et avec des équipes réduites.
D’autre part, et c’est l’autre impact majeur, on voit en effet que le « martech » et les data sciences prennent une place de plus en plus prépondérante dans la chaîne de valeur de la communication et du marketing. Il devient primordial pour les entreprises comme les agences de s’adapter et d’intégrer rapidement ces nouvelles compétences dans leurs équipes.
A l’international, comme sur notre marché domestique d’ailleurs, une autre grande tendance que nous observons, c’est une internalisation croissante au sein des annonceurs de certaines fonctions et métiers (autour de la data notamment, mais pas seulement), qui va de pair avec cette révolution technologique qui s’accélère.
Chez VT Scan, via notre entité VT Modl notamment, nous sommes de plus en plus consultés et intervenons très régulièrement sur des réorganisations des directions communication et marketing et sur de tels projets d’internalisation, pour aider les dirigeants à intégrer des compétences stratégiques et organiser leurs nouveaux services de manière optimale, en les articulant avec les organisations et équipes existantes.
Qu’il s’agisse d’internaliser ou de réinternaliser l’achat média, une content factory, une data room ou bien la gestion complète du social media et du community management… de plus en plus d’entreprises prennent conscience que ces expertises et compétences sont stratégiques et au cœur de leur valeur ajoutée et qu’il leur appartient de maîtriser de bout en bout les data qu’elles recueillent.
Au sein des agences, cette nouvelle donne technologique impose aussi d’être en veille permanente, d’anticiper les besoins des clients et d’être en mesure de leur proposer très rapidement des équipes projet adaptées. C’est nécessairement délicat puisqu’il ne faut pas se tromper sur les compétences dont on va avoir besoin et qui pourront être porteuses demain.
Le BrandNewsBlog : Et pour les directions des ressources humaines Fabrice, comment se positionnent-elles par rapport à ces évolutions, dans les entreprises et au sein des agences ? Ont-elles des difficultés à recruter les nouveaux talents de cette révolution IA et digitale ?
Fabrice Valmier : Vous vous en doutez, c’est déjà difficile pour les professionnels de la communication et du marketing d’identifier en avance de phase les compétences dont elles vont avoir besoin demain, c’est donc encore plus difficile pour les DRH d’appréhender ces nouveaux besoins et d’intervenir efficacement pour chasser de tels talents, qu’elles connaissent mal… Dans bien des cas, il s’agit de recruter sur des métiers ou des compétences naissantes ou en grande reconfiguration, comme le retail media par exemple. Il y a là un gisement de nouveaux métiers, de nouvelles expertises, de profils avec lesquels il faut apprendre à se familiariser avant de pouvoir recruter efficacement.
Mais qu’il s’agisse de recruter sur des fonctions de branding, de RP ou d’influence, il faut là aussi veiller à ce que les profils qui vont être intégrés maîtrisent parfaitement la nouvelle donne digitale et soient aussi des personnalités adaptables et apprenantes, comme le soulignait Louise. Comme les dirigeants et les marketeurs et communicants eux-mêmes, les DRH doivent donc apprendre en marchant. C’est là qu’il peut être intéressant de faire appel à des experts de la chasse ou du recrutement de tels experts, comme le cabinet Juste.
Le BrandNewsBlog : En ce qui concerne l’évolution des salaires, quelles tendances observez-vous ? L’atonie observée ces dernières années va-t-elle se poursuivre en 2026 ? Et qu’en est-il des écarts de rémunération observés entre seniors et juniors, et entre les différents niveaux de responsabilité en entreprise ? Ceux-ci ont-ils tendance à s’accentuer ? Les nouveaux profils et compétences techniques dont nous venons de parler sont-ils mieux payés ?
Louise Beveridge : Concernant les prétentions salariales et l’évolution des salaires proposés par les entreprises, nous avons le sentiment que c’est assez stable en réalité. Ce qui est sûr, c’est que l’heure n’est pas à l’inflation, et les candidats sont en général raisonnables et réalistes par rapport à ce qu’ils peuvent demander.
De leur côté, les entreprises ne revoient pas forcément à la baisse les packages qu’elles proposent. Evidemment, pour des compétences nouvelles ou en tension, elles peuvent consentir des efforts particuliers, mais globalement en effet, je dirais que les rémunérations restent plutôt stables en communication et en marketing.
Benoît Cornu : Ce qu’on observe aussi dans de telles périodes, c’est que les gens ont tendance à rester davantage en poste et que les mobilités sont plus rares. C’est un phénomène classique dans les périodes d’incertitude.
Le BrandNewsBlog : Louise, Benoît, votre cabinet est un des premiers (et des seuls à ma connaissance) à s’être spécialisé dans le management de transition en matière de communication et de marketing. Cinq ans après la création de votre structure, quel premier bilan tirez-vous ? Est-ce que ce marché du management de transition s’est développé ? Et quels sont les types de missions et les profils les plus recherchés par les entreprises ?
Louise Beveridge : Ce qui caractérise notre cabinet et en fait la spécificité, c’est de proposer une offre globale d’accès aux compétences et aux expertises, quelle que soit la nature du contrat. Nous sommes un one-stop-shop et la maison de tous les talents en communication et en marketing.
Effectivement, quand nous avons commencé notre activité, en proposant aux entreprises des solutions de management de transition, beaucoup nous ont prédit le pire, nous disant qu’il n’y avait pas vraiment de marché. Cinq ans et des centaines de missions plus tard, nous avons prouvé que notre offre avait du sens et nous voyons disparaître les barrières psychologiques qui pouvaient encore exister il y a quelques années par rapport à cette modalité de collaboration et ce type de contrat, chez les candidats comme au sein des entreprises.
Le fait d’enchaîner plusieurs missions de management de transition, puis d’alterner avec un CDI par exemple pour expert en communication, n’est plus perçu comme un « accident de parcours » ou un accroc sur le CV, mais comme un atout supplémentaire. Et au quotidien, nous constatons que nos clients nous font aujourd’hui confiance aussi bien pour des recrutements que des missions plus temporaires… Le fait que nous soyons tous deux, avec Benoît, issus du monde du marketing et de la communication, est pour beaucoup dans ce succès. Nous comprenons en effet plus rapidement que beaucoup d’autres les problématiques de nos clients, et n’avons jamais failli à notre vocation de trouver les talents qu’ils recherchaient, quelle que soit la complexité de leur recherche et de leur brief.
Benoît Cornu : Oui, ces dernières années, nous avons bien vu au sein des entreprises se développer cette hybridation des modalités de collaboration. Le fait de travailler en mission ou en CDI, pour les candidats, et le fait pour les entreprises de faire travailler ensemble des équipes de collaborateurs en CDD ou CDI, avec des free-lances et des managers de transition, n’est plus du tout perçu comme un problème ou un obstacle à la performance, bien au contraire ! A terme, et on le voit déjà, je pense que la majorité des marketeurs et des communicants aura testé les différentes modalités de travail et de collaboration durant leur carrière, et c’est évidemment une grande richesse et un atout pour leur CV aujourd’hui.
Pour nos clients, ainsi que le souligne Louise, nos grandes forces sont d’être issus du marketing et de la communication, mais aussi d’être ainsi « ambidextres », c’est-à-dire capables de leur proposer des talents sous toutes formes de modalités contractuelles, à partir de l’écoute de leurs besoins.
En ce qui concerne les missions de transition que nous sommes amenés à pourvoir, cela peut aller du dircom ou du directeur marketing de transition, à des experts de la data ou du community management, en passant par toutes les strates de management intermédiaires présentes en entreprise. Les missions ont des durées plus ou moins longues, de quelques semaines à plus d’une année… et il n’est pas rare que des managers en mission soient ensuite recrutés par l’entreprise, si tant est que les deux parties le souhaitent.
Louise Beveridge : Oui, c’est vrai que près de 10 à 15% de nos managers de transition sont ensuite recrutés par nos clients. Mais ce n’est pas jamais l’objectif de départ et tous nos experts ne sont pas forcément intéressés par un contrat à durée indéterminée. Un certain nombre préfèrent en effet enchaîner les missions intéressantes, comme ils le feraient en tant que consultants. Et il faut dire que les deux statuts (CDI et mission) réclament aussi des postures et un positionnement différents, de par la nature même et les objectifs de la mission.
Le BrandNewsBlog : Pour un jeune diplômé ou un jeune chargé / responsable de communication « généraliste » qui serait aujourd’hui en recherche d’emploi, en entreprise ou en agence, quels seraient vos premiers conseils ?
Benoît Cornu : Je n’aurais pas de conseil spécifique pour intégrer une agence ou une entreprise, car je crois qu’il n’y a pas vraiment de « bonne méthode ». Il faut bien sûr avoir les compétences de base des marketeurs et communicants, être curieux et savoir écrire, même – et surtout – à l’heure de l’IA. Il faut surtout être persévérant, multiplier les contacts et les opportunités, commencer par élargir la « maille du filet » pour pouvoir saisir la bonne opportunité. Pour cela, il faut être à l’affût mais aussi patient, et une fois en poste, il est important de savoir écouter les conseils de ceux qui sont là depuis un moment. Il faut en effet apprendre à s’investir et à donner sans attendre nécessairement une « récompense » immédiate.
Trop souvent, on voit encore arriver en entreprise ou en agence des jeunes diplômés qui disent s’ennuyer dans leur poste au bout de quelques mois seulement et réclament une évolution, alors qu’ils ont en réalité à peine commencé à apprendre leur nouveau métier et à apporter concrètement une valeur ajoutée à l’entreprise. Ne pas griller les étapes et prendre le temps d’apprendre sont à mon avis les meilleurs conseils que je pourrai donner, particulièrement en communication et en marketing, qui sont des métiers d’expérience.
Louise Beveridge : Oui, il est certain que le rapport au travail a évolué, mais pour s’intégrer et réussir dans une entreprise ou une agence, il y a une question de donnant-donnant. Les jeunes qui arrivent dans un premier ou second poste doivent comprendre que plus ils seront généreux et ouverts, plus ils vont apprendre vite et plus l’employeur sera en mesure de leur confier des responsabilités et de les faire in fine progresser. Il ne faut pas être trop impatient. C’est évidemment un conseil qu’on pourrait donner dans d’autres professions que la communication et le marketing, mais il est en effet particulièrement important dans nos domaines d’activité.
Le BrandNewsBlog : Et pour les étudiants et étudiantes qui nous lisent et qui sont intéressées par les métiers de la communication, quels conseils pourriez-vous leur donner ? A l’heure de l’IA et de cette digitalisation accrue dont on a parlé, les métiers de la communication offrent-ils toujours autant d’attrait et d’opportunités ? Quelles filières de formation et quel un parcours pourriez-vous leur recommander afin d’entrer sur le marché du travail ?
Benoît Cornu : Oui, bien sûr, les métiers de la communication et du marketing restent attractifs. Ils vont évoluer, mais quelle que soit la place de la technologie, il y aura toujours de belles opportunités pour les jeunes dans ces secteurs d’activité. Donc se lancer dans des études spécialisées est loin d’être peine perdue.
Pour ce qui concerne les écoles et filière de formation les plus adaptées, il y a de plus en plus de choix possibles, entre les écoles de commerce, les grandes écoles du type Sciences Po ou Celsa, les différentes écoles de communication spécialisées, les filières universitaires…
Mais au-delà des formations et des apprentissages théoriques et pratiques que les étudiants vont pouvoir obtenir, la communication et le marketing demeurent des métiers de curiosité, de compréhension des enjeux et des audiences. Donc je dirais que cultiver sa curiosité, sa connaissance du monde et sa compréhension des enjeux, cultiver son inventivité et sa créativité demeureront primordiaux, au-delà de la maîtrise des technologies et de la capacité d’adaptation dont on a déjà parlé.
Le BrandNewsBlog : En ce qui concerne les seniors qui nous lisent, dont l’employabilité n’est pas toujours assurée à long terme dans les métiers de la communication et du marketing, quels conseils particuliers aimeriez-vous leur donner ? Le salut passe-t-il par la spécialisation, le consulting ou le management de transition ? Comment demeurer « bankable » à l’heure de l’IA et des nouveaux défis de la communication ?
Louise Beveridge : Nos métiers de la communication et du marketing sont des métiers d’expertise et d’expérience, donc oui, les collaborateurs seniors ont des atouts et une valeur indéniable sur le marché de l’emploi, qu’ils doivent faire valoir.
Mais ainsi que nous le disions tout à l’heure, il faut conserver un état d’esprit apprenant et souple. Ne pas rester campé sur un statut, des compétences ou une expertise très spécialisée si le marché de l’emploi évolue et est moins porteur. Cela peut vouloir dire se former à de nouvelles expertises ou bien accepter un changement de modalités de travail, en proposant ses compétences comme consultant ou manager de transition si des opportunités se présentent. Il est certain que pour les personnes qui seraient campées sur une méthode de travail et une expertise bien spécifiques, le danger est plus grand de ne plus coller aux besoins ou de se voir dépassés en termes de pratiques.
Benoît Cornu : Les seniors en entreprise ont cet atout supplémentaire, au-delà de leur expertise et de leur expérience, qu’ils peuvent également transmettre. Si on accepte que l’essentiel n’est plus forcément, à partir d’un certain âge, la course aux barrettes et aux promotions, les seniors peuvent vraiment trouver un supplément de sens à transmettre leur savoir et à faire le lien avec les nouvelles générations. Jamais en effet il n’y a eu en entreprise un spectre aussi large de générations au travail, et cela devient un vrai défi, pour les managers et les directions, que de créer du lien et faire travailler ensemble ces différentes générations. Les communicants et marketeurs seniors sont à mon avis les mieux armés pour apporter cela au sein de leurs organisations respectives.
Légendes et commentaires :
(1) Premier cabinet dédié aux métiers du marketing, de la communication, du digital et de la RSE, Juste se veut « la maison de tous les talents du marketing et de la communication » et a été fondé par Benoît Cornu et Louise Beveridge.
(2) Premier cabinet conseil en sélection d’agences certifié ISO 9001, VTscan fait partie du Groupe VT Scan, premier groupe conseil en management de la communication fondé en 2011 par François Fouasson, Pascal Guibert et Fabrice Valmier.
Pour ma première série de billets de blog de 2026,
C’est un petit livre fort utile, dont je ne peux que recommander la lecture
Je n’aurais pu rêver meilleure manière de reprendre le fil de ce blog, dédié aux marques, au branding et à la communication

S’il est permis d’adresser ses voeux jusqu’au 31 janvier au soir,