Et si on passait de la com’ interne de papa à la communication collaborative ?

Vous le savez sans doute, si vous lisez régulièrement le BrandNewsBlog : l’évolution des métiers de la communication et des pratiques des communicants est un de mes sujets de prédilection.

Après avoir abordé cette thématique sous différents angles et avoir régulièrement décrit les impacts de la transformation digitale de l’entreprise, j’avais notamment résumé quelques-unes de mes convictions en la matière dans cet article de synthèse¹.

Reprenant à cette occasion les conclusions d’un groupe de travail de l’association Communication et entreprise et une liste détaillée de « 10 changements à gérer pour une intégration réussie du digital par les services com' », j’avais commenté les défis à relever sans trop m’étendre sur le rôle crucial de la communication interne…

Or, s’il est une fonction de la communication particulièrement concernée par la révolution numérique et ses conséquences, c’est bien celle-ci.

Trop souvent encore considérée comme un « parent pauvre » de la communication d’entreprise, la communication interne en est pourtant une des composantes essentielles. Aujourd’hui « challengée » par l’arrivée des nouvelles générations sur le marché du travail, par la porosité croissante entre audiences internes et externes et par la nécessaire redéfinition de ses missions, elle représente en effet un levier puissant et un accélérateur indispensable de la transformation des organisations.

Mais faute de moyens parfois, faute surtout d’une véritable feuille de route édictée par les dirigeants, beaucoup de communicants internes en sont souvent réduits à « naviguer à vue » entre des objectifs foisonnants et des sollicitations « terrain » de plus en plus nombreuses et chronophages, au détriment des missions les plus stratégiques…

Dans ce contexte, confrontée à des publics et des communautés (internes et externes) qui interagissent de plus en plus sans intermédiaire, quel nouveau rôle la communication interne doit-elle jouer ? Face aux nouveaux outils, à la démultiplication des flux et à l’infobésité, comment assurer par ailleurs un minimum de cohérence, tout en s’efforçant de toucher et engager davantage encore les salariés ? Et comment, à l’heure où certains évoquent déjà une disparition pure et simple de la fonction, réinventer la com’ interne à l’ère du collaboratif et de l’entreprise libérée ? 

C’est à ces ambitieuses questions que je vous propose de répondre ci-dessous, en m’appuyant sur les propos et publications inspirantes de quelques « éclaireurs », convertis depuis un moment aux vertus de cette communication interne « 2.0 » : la communication collaborative.

Quatre décennies de communication interne… et d’autant d’étapes dans l’évolution de la fonction

Pour les plus jeunes de mes lecteurs, il faut se souvenir que la communication d’entreprise telle qu’on la connaît est d’invention relativement récente. Balbutiante dans les années 60 et au début des années 70, la fonction apparaît officiellement dans les organigrammes à la fin des années 70 et dans les années 80, avec cette dichotomie on ne peut plus simple en terme de mission : tandis que la communication externe a pour objectif de façonner et développer l’image de l’entreprise et de ses marques, la communication interne a quant à elle pour principale visée d’expliquer aux collaborateurs le fonctionnement et l’organisation de la société qui les emploie.

Non que la com’ interne ait été inexistante auparavant, comme le rappelle judicieusement Bernard Gaudin dans le remarquable mémoire qu’il a consacré aux évolutions de la fonction : « Réinventer la communication interne à l’ère collaborative »². En effet, des journaux d’entreprise (en général totalement à la gloire de la marque) ont existé dès le début du 20ème siècle, accompagnant alors le paternalisme rayonnant d’un certain nombre d’industriels (comme Peugeot avec son Bulletin des Usine Peugeot, dès 1918). Mais ce type de publications est alors géré comme un organe de presse par des journalistes la plupart du temps, tandis que la mission communication interne – comme la communication de manière générale – n’existe pas encore en tant que telle.

C’est en effet dans les années 90 que la com’ interne (et la communication tout court d’ailleurs) décollent véritablement, en se professionnalisant et en s’outillant. Qu’elle soit rattachée au service communication ou bien à la direction des ressources humaines (parfois les deux), la fonction s’étoffe en se dotant de collaborateurs voire de directions ou sous-directions dédiées. Tandis que les années 2000 peuvent être qualifiées « d’années de la maturité », avec l’émergence de problématiques nouvelles et une remise en cause croissante des messages lénifiants et discours d’entreprise descendants par les collaborateurs, la dernière décennie prolonge cette remise en cause. Un double bouleversement se produit en effet, avec d’une part la transition numérique et l’évolution des usages qu’elle implique, mais également une réflexion en profondeur sur le rôle et les nouvelles missions de la communication interne, pour répondre aux évolutions des technologies, de la société et de l’organisation du travail.

Sur le fond, au fil de ces 30 dernières années, on constate le passage d’une communication mariant « paillettes et belles promesses » (l’époque des magazines internes somptueux et des galas et conventions grandiloquentes) à des approches plus ciblées et segmentées (dans les années 90) mais chariant toujours les mêmes messages aseptisés et formatés. Puis l’entreprise et la com’ interne s’emparent dans les années 2000 de ces nouveaux sujets que sont notamment la RSE et le développement durable (entre autres), en adoptant les nouveaux canaux digitaux de l’époque (Intranets, blogs internes…) laissant timidement entrevoir les débuts d’une interaction avec les publics internes…

De ce point de vue, la dernière décennie marque évidemment une rupture notable, avec l’adoption des NTIC et la prise en compte partielle des attentes des audiences en terme d’interaction (Intranet collaboratifs, réseaux sociaux d’entreprise). Mais les possibilités d’interactions (notamment avec les réseaux sociaux et plateformes externes) demeurent souvent limitées techniquement ou par le biais de chartes tatillonnes, tandis que nombre d’entreprises diversifient leurs actions évènementielles en multipliant les initiatives d’engagements solidaires associant leurs salariés et « donnant une dimension plus humaine à leurs activités »².

Mais ainsi que le fait observer à juste titre Bernard Gaudin, le compte n’y est pas vraiment pour autant, « les nouvelles approches traduisant simplement l’utilisation de nouveaux canaux de diffusion, le traitement de nouvelles thématiques qui s’ajoutent à celles existantes » plutôt qu’une véritable rénovation des objectifs et principes de la communication interne à la hauteur des nouveaux défis qui se posent à elle.

Et Bernard Gaudin de conclure son rappel historique des évolutions de la fonction sur ce constat mitigé, partagé par les nombreux experts qu’il a interrogés : dans la plupart des cas et la plupart des entreprises, « il manque encore une réflexion en profondeur sur les changements à apporter pour s’adapter aux transformations gigantesques que vit la société depuis la dernière décennie »…

Nouvelles générations dans l’entreprise, nouvelles attentes des salariés, porosité croissante de l’interne et de l’externe : une donne inédite pour les communicants internes…

Je ne reviendrai pas trop longuement sur les conséquences de l’arrivée de nouvelles générations dans les entreprises. Des livres entiers ont été consacrés à cette thématique, traitant des attitudes et comportements supposément spécifiques des générations « Y » et « Z » et du défi que représenterait leur intégration en terme de management, en particulier.

De fait, il me semble tout aussi intéressant d’aborder le sujet en relevant que, pour la première fois depuis longtemps du fait de l’allongement de la durée de vie professionnelle, trois à quatre générations seront désormais amenées à se côtoyer et à travailler ensemble au sein des entreprises (« Vétérans », « Baby-Boomers », « Y » et « X »), ce qui en enrichit encore davantage – et en complexifie – le « corps social ».

Dans son mémoire, Bernard Gaudin parle d’un « mix générationnel inédit » et relativise d’ailleurs en partie (à mon avis à juste titre) les fameuses spécificités comportementales des « Y », qui ne seraient en définitives flagrantes que dans quelques domaines (Voir le tableau ci-dessous, issus de l’étude « Pour en finir avec la génération Y… enquête sur une représentation managériale »). Ainsi, si les collaborateurs de la génération Y se montrent particulièrement préoccupés par le fait de trouver un emploi répondant à leurs attentes et par le développement continu de leurs compétences, s’ils sont davantage susceptibles de changer régulièrement d’environnement professionnel, la véritable rupture générationnelle serait surtout portée par la génération suivante : les « Z », dont toutes les études tendent à prouver qu’ils sont circonspects voire méfiants vis-à-vis de l’entreprise, lui préférant -et de loin- la perspective de créer leur propre structure et de travailler « en réseau ».

La conséquence de ce grand « mix générationnel » que je viens d’évoquer ? Au-delà des attentes spécifiques à chaque génération, une révolution culturelle inéluctable serait en marche au sein des entreprises, révolution que résume parfaitement Aurélie Truchet, chargée de la transformation digitale du groupe Danone : « Davantage qu’en une génération « Y », je crois en une culture Y qui traverse les générations ». Et c’est bien de ce changement culturel global et de ses conséquences que les communicants internes doivent en premier lieu se préoccuper.

Plus informés et exigeants que par le passé, souvent plus ouverts à l’apprentissage et aux nouveaux outils numériques que ne l’imaginent leur hiérarchie et les services RH (du fait de leur pratique du digital et des réseaux sociaux dans leur vie privée), les collaborateurs de l’entreprise échappent en effet de plus en plus aux stéréotypes et sont en attente de proximité et d’authenticité, de transparence et de sincérité dans la communication et dans les échanges avec leur management.

De plus en plus familiers des mécaniques collaboratives et des possibilités d’interaction presque illimitées offertes par les réseaux sociaux, ils attendent aussi davantage d’ouverture de la part de leur entreprise et éprouvent de plus en plus de mal à respecter une stricte séparation entre vie professionnelle et vie privée. Les évènements (heureux ou malheureux) de l’une et l’autre de ces vies ayant de plus en plus tendance à déborder/ »fuiter » de l’une à l’autre, du fait de cette porosité interne / externe qu’on observe partout…

Aspirations collaboratives, #TransfoNum et besoin de transparence / d’authenticité : clap de fin pour la com’ interne de papa ?

Avec l’éclosion puis l’explosion d’Internet et des réseaux sociaux surtout, de nouvelles pratiques de communication, d’échange et de partage se sont largement répandues ces dernières années, venant bouleverser les comportements et les modes de consommation. Une triple mutation, aussi puissante que contagieuse s’est produite avec l’émergence de l’économie dite du partage (ou « économie collaborative ») : tandis que le financement participatif (crowdfunding) se développait, la consommation collaborative, fondée sur le partage de biens et services, est devenue une tendance « mainstream » dans tous les secteurs d’activité, avec l’envol de ces grandes plateformes que sont par exemple Airbnb, Blablacar ou Taskrabbit… Et le co-working, boosté par la création de tiers-lieux d’échanges et de collaboration, s’est imposé quant à lui comme une nouvelle modalité de partage d’expérience, de compétences et d’innovation entre des individus ou des entreprises prêtes à mettre en commun leur savoir.

Cette grande révolution de l’intelligence collective, parfaitement décrite par Bernard Gaudin, est venue rencontrer dès le milieu des années 2000 l’aspiration de plus en plus forte des salariés à échanger de manière transversale et plus directe entre eux au sein de leur organisation et à contribuer plus activement aux projets de leur entreprise. C’est ainsi que, d’abord appliqués au champ de la communication à partir des années 2000, les « wikis », blogs de dirigeants ou d’experts et autres Intranets mis à la disposition des collaborateurs ont évolué avec les années 2010 et l’essor du web 2.0 vers des outils collaboratifs offrant de plus larges possibilités d’interaction… Intranets collaboratifs, réseaux sociaux d’entreprise et autres réseaux professionnels plus ou moins ouverts se sont ainsi progressivement imposés, sans que ces outils soient toujours accompagnés d’une réflexion de fond sur l’organisation du travail ou le nouveau rôle à jouer par le management pour capitaliser sur ces outils collaboratifs et stimuler les dynamiques collectives, hélas.

Malgré ce manque d’accompagnement et des freins culturels initiaux non négligeables (pour la plupart liés à la tradition de l’entreprise française) : organisations pyramidales et hiérarchiques, résistance du management au changement, manque d’implication de certaines directions générales dans l’impulsion des nouveaux comportements… les démarches collaboratives ont néanmoins progressé dans la plupart des grandes entreprises, comme en témoigne Lucie Gaudens, dans cet excellent article de synthèse.

Autant dire qu’à l’heure du co-working, du collaboratif et de la co-constrution, de la généralisation de nouvelles modalités de travail et de l’adoption massive des nouveaux outils et plateformes de communication, les collaborateurs se montrent de moins réceptifs à ces messages corporate descendants, aseptisés et exagérément positifs qui ont constitué et constituent encore la marque de fabrique d’une communication interne « 1.0 » aujourd’hui inefficace et contre-productive…

Et pour se convaincre, s’il le fallait, que la com’ interne de papa est bien morte ou en tout cas moribonde, il suffit de lire ce qu’en disent aujourd’hui les collaborateurs interrogés dans le cadre de nombreuses études, comme celle menée par Bernard Gaudin lui-même auprès de centaines de salariés dans le cadre de son mémoire.

Devenus eux-mêmes des émetteurs d’information et des experts en décodage de toutes les formes de communication, les collaborateurs sont en majorité très critiques sur la qualité de la communication interne diffusée au sein de leur entreprise, dont ils déplorent : 1) le manque de transparence voire d’honnêteté (décalage entre les informations transmises et la réalité vécue sur le terrain) ; 2) le côté trop « léché », professionnel et aseptisé (langage trop ‘corporate’ et langue de bois) ; 3) le manque d’intérêt et le côté beaucoup trop « descendant » (décalage entre les sujets abordés et les vrais centres d’intérêt des collaborateurs) ; 4) l’abondance et le manque de lisibilité contribuant à l’infobésité (« communications trop nombreuses » ; « trop de communication tue la communication ») ; 5) La dispersion, car il y a trop d’outils (besoin de centraliser les outils de communication interne pour faciliter leur utilisation et l’accès aux informations).

Chefs d’orchestres, accompagnateurs et facilitateurs, sociologues et ministres de la culture et des relations au sein de l’organisation : les multiples casquettes du communicant d’entreprise « multifonction »…

Face à l’évolution des comportements et attentes de collaborateurs de plus en plus informés et exigeants, eux-mêmes organisés en communautés qui ont tendance à communiquer entre elles sans intermédiaire ; face aux risques d’éclatement de la communication liés aux nouveaux usages des technologies, au développement de l’User Generated Content et à la production de contenus par des collaborateurs devenus eux-mêmes de véritables médias… les défis sont nombreux pour les communicants internes « 2.0 ».

Le premier de ces défis est celui de la cohérence, dont les communicants doivent plus que jamais être les garants, car les risques d’image sont nécessairement démultipliés du fait le l’augmentation exponentielle du nombre d’émetteurs d’information. « Elaborer et faire circuler l’information interne » demeure en effet une des missions régaliennes de la com’ interne, quand il ne s’agit pas d’animer des réseaux de correspondants éditoriaux qui rédigent ou contribuent aux supports de communication.

Facilitateurs et accompagnateurs en phase de production d’information, garants de la qualité et l’intérêt des contenus et de leur diffusion, les communicants internes nouvelle génération doivent désormais être davantage des chefs d’orchestre d’une communication libérée plutôt que les colporteurs d’une communication descendante et désincarnée.

A la fois sociologues d’entreprise (car ils doivent en connaître parfaitement le corps social et les communautés), ministres de la culture et des relations internes et véritables « coaches du changement », les communicants collaboratifs sont aussi et surtout devenus des apôtres de l’intelligence collective et des approches collaboratives vis-à-vis de leur hiérarchie et de l’ensemble des salariés…

Le communicant collaboratif : un coach du changement au service de la transformation de l’entreprise…

A lire la longue litanie (ci-dessus et ci-dessous) des compétences et nouvelles missions attendues de la part de ces « communicants multifonction » que sont devenus les communicants internes, certains se diront peut-être que le costume est devenu un peu trop large, ou bien que j’exagère… Mais de fait, cette combinaison inédite et cet « habit d’arlequin » que constitue désormais le profil idéal du communicant interne « 2.0 » découle directement des évolutions sans précédent qui se sont accomplies ces dernières années et que je viens de décrire. Et ils répondent aux multiples défis que j’identifiais dans l’introduction de cet article : démultiplication des flux et risques d’infobésité interne ; changement de casquette et de posture communicante pour intéresser, engager, accompagner et animer des individus et des communautés de plus en plus émettrices d’information et autonomes ; rôle de « pilote » de la culture, des valeurs et de la dynamique collective au sein de l’entreprise…

Par dessus tout, ces deux missions que sont l’accompagnement du changement et l’impulsion de la transformation interne me semblent être les deux objectifs phares de cette « communication collaborative » que doivent incarner les nouveaux communicants internes.

De par l’importance des enjeux dont il est ici question (évolution vers un modèle d’organisation plus transversal que pyramidal, mise en oeuvre d’espaces d’échanges et de dialogues propices à l’innovation, accompagnement des collaborateurs et managers dans leur acculturation au digital et à la transformation numérique, promotion de nouvelles manières de penser, travailler et collaborer au sein de l’entreprise…), les objectifs du communicant collaboratif ne sauraient néanmoins être atteints sans une implication sans faille et une véritable vision des dirigeants, partagée avec l’ensemble des collaborateurs.

Sans imposer quoi que ce soit, car « le collaboratif ne se force pas, chacun doit y trouver son utilité », ainsi que dit très bien Bertrand Duperrin, responsable de la transformation digitale chez Emakina France, il s’agit aussi de revenir à cette ambition fondamentale de la communication interne édictée dès 1989 par Christian Michon, premier président de l’Association Française de Communication Interne (AFCI) : « L’entreprise a besoin de communication externe pour s’affiner et acquérir une image forte et durable, elle a besoin de communication interne pour piloter le changement, tous ensemble et tous en même temps. La communication interne n’est pas un simple credo incantatoire ou un outil à la mode, elle n’est pas un instrument de plaisir mais bien un levier de stratégie du changement, et c’est pour cela qu’aujourd’hui, elle trouve ses titres de noblesse et légitime sa fonctionnalité dans l’entreprise, à la croisée des chemins entre les métiers de la communication et les métiers de la gestion des ressources humaines. »

Pour réussir, il appartient tout d’abord au communicant collaboratif de créer un terrain favorable à l’expression de l’intelligence collective :

  1. Lever en premier lieu toutes les craintes liées à une prise de parole plus ouverte au sein de l’entreprise. Il s’agit en l’occurrence de rassurer les collaborateurs sur leur liberté de ton et d’expression au sein de l’entreprise, susciter les occasions et espaces de conversations et d’échanges, mais aussi de montrer l’exemple en remisant définitivement au placard la langue de bois au profit d’une langage plus direct et d’un parler-vrai.
  2. « Amener la direction à donner la direction » et embarquer toutes les fonctions transverses dans la démarche collaborative. S’agissant d’un projet d’entreprise, ainsi que je l’ai indiqué ci-dessus, le communicant collaboratif, pilote de la démarche collaborative, ne saurait se passer de l’élan et de la vision de ce « sponsor » qu’est nécessairement la direction générale, ni sans la contribution active et convaincue de tout le management de l’entreprise. Cela peut passer par la mise en avant régulière des dirigeants sur ces thématiques via des blogs vidéo, webcasts, roadshows et autres rencontres « physiques » avec les équipes, car la dimension collaborative se nourrit autant d’échanges « IRL » que de virtuels.
  3. Mettre en place des mécaniques de reconnaissance et de valorisation systématiques autour des initiatives collectives de co-working ou de réflexion, pour rendre visible les résultats de ces travaux au niveau de l’entreprise et montrer en quoi ce type de démarche est réellement suivi d’effets et de décisions concrètes.
  4. Apprendre le numérique et faciliter l’acculturation digitale de tous les collaborateurs. Cela est certes régulièrement souligné mais cette acculturation, que ce soit par le biais de conférences, ateliers, formations individuelles ou collectives, académies, diffusion régulière d’une veille techno… est évidemment capitale pour une appropriation effective des nouvelles technologies et des outils collaboratifs mis en oeuvre (Intranets collaboratifs, réseaux sociaux d’entreprises, matériels de visio et vidéo-conférence, etc…)
  5. Appuyer le dispositif de communication lui même sur un modèle collaboratif en plaçant les collaborateurs au centre du dispositif. Cela implique la co-construction de l’approche collaborative et des instances de communication, la co-formation d’ambassadeurs/early adopters de ces instances et des outils mis en oeuvre, et la co-animation de ces canaux de communication par des community managers, qu’il s’agit à la fois d’impliquer et rendre autonomes dans leur mission.
  6. Faciliter la compréhension et l’accès aux outils, ainsi que leur interface avec l’extérieur. Pour aller jusqu’au bout de la démarche, il faut veiller à simplifier au maximum l’usage des outils, en en limitant le nombre et en ouvrant au maximum les possibilités d’interaction, en interne comme en externe.
  7. Veiller à la cohérence de l’ensemble par le biais de chartes, guides de bonnes pratique et tout autre support documentaire rappelant les quelques règles à respecter dans la production et le partage des contenus de l’entreprise.

 

Notes et légendes :

(1) « Pratiques, compétences, organisation : comment le digital « disrupte » et réinvente la communication… », article  du BrandNewsBlog – 21 mai 2017.

(2) Mémoire professionnel de l’Executive Master Communication de Sciences Po de Bernard Gaudin, promotion Pierre Lévy – octobre 2015 : « Réinventer la communication interne à l’ère collaborative »

 

Crédits photos et illustrations : 123RF, X, DR

 

Suite et fin : 20 championnes du digital et de la #TransfoNum à suivre sans hésitation…

digital-champions-2La semaine passée, je vous dévoilais sur ce blog la première partie de ma shortlist de « championnes du numérique ». 

Fidèle à ma promesse, je vous livre aujourd’hui la suite et fin de cette sélection de digital women remarquables, dont la valeur et les profils, comme vous le constaterez, n’ont rien à envier aux 10 championnes que je vous présentais il y a 10 jours.

Pour celles et ceux qui en douteraient encore, le digital a largement rebattu les cartes et dans ces métiers d’avenir que sont les métiers du numérique, même s’il reste sans doute des compétences et des spécialités à conquérir et à féminiser, les femmes ont déjà largement fait leurs preuves et beaucoup excellent, combinant à merveille esprit d’entreprise, compétences techniques et cette intelligence des réseaux sans laquelle aujourd’hui rien n’est possible.

Hommage soit donc rendu à ces 20 expertes du numérique, ainsi qu’à toutes celles qui, au quotidien, « cassent les codes » et s’attaquent inlassablement aux fameux « plafonds de verre ».

NB : je n’ai pu m’empêcher d’ajouter en fin d’article quelques autres noms de femmes remarquables du numérique, auxquelles je vous encourage également à vous abonner. Si je ne leur ai pas consacré un paragraphe complet, leur dynamisme et la qualité de leurs comptes sociaux valent assurément le détour :-)

 

Valérie Dagand (@VDAGAND)

valerie-dagand-moxhet-cyberelles-1-copieChief Digital Officer de Vinci Autoroutes, après avoir occupé sensiblement les mêmes fonctions chez Vivolta et Aéroports de Paris et avoir été également Directrice e-commerce et marketing digital  du site Printemps.com, Valérie est pour ainsi dire tombée dans le chaudron de potion magique du digital depuis le début de sa carrière. Autant dire que la transformation numérique des organisations, elle connaît, pour l’avoir mise en œuvre dans les différentes entreprises par lesquelles elle est passée. Pionnière du web depuis 20 ans, Valérie s’est aussi fait une spécialité d’accompagner les « premières fois » : lancement de la première plateforme e-commerce de Monoprix ou des premiers sites de marques de luxe telles que Dior ou Le Bon marché. Elle est aussi depuis plus de 6 ans la présidente du réseau de networking Cyberelles, au sein duquel des professionnelles du numérique échangent et partagent leur expérience. Très régulièrement invitée pour des conférences ou des interviews sur ses domaines d’expertise, Valérie est notamment présente sur Twitter, LinkedIn, Google+…

                                                    > Catherine Barba (@cathbarba)

catherine-barba-innovation-center-retail-new-yorkEntrepreneuse, business angel et patronne du PEPS lab, Catherine est une spécialiste du e-commerce et surtout une  des personnalités les plus dynamiques et les plus reconnues du paysage numérique français. Pionnière du web, comme Valérie Dagand, elle a fait ses premières armes digitales en pilotant le nouveau département Internet de l’agence de médiaplanning OMD, avant de travailler pour iFrance, société d’hébergement de pages personnelles fondée par Marc Simoncini. Fondatrice du site Cashstore, puis de sa propre agence de conseil en marketing digital (Malinéa), qu’elle a revendue aux propriétaires de Vente-privée, elle se lance ensuite dans un nouveau projet personnel, le Catherine Barba Group, avant d’inaugurer le PEPS lab, son premier laboratoire sur l’innovation pour le retail, à New York. Marraine et business angel de start-up comme Leetchi, Mangopay, Union web et Sojeans.com, elle n’hésite pas à investir dans les projets qui lui en paraissent dignes, jamais avare de ses conseils avisés ni de son temps. Conférencière archi-sollicitée, on retrouve ses interviews partout sur le web et ses comptes Facebook, LinkedIn et Twitter sont largement suivis.

> Marie-Christine Lanne (@Mc_Lanne)

ambassadeursDirectrice de la communication et des engagements sociaux de Generali France, Marie-Christine est une de ces dircom connectées qui ont le mieux réussi, en l’espace de quelques années seulement, à reconfigurer complètement l’organisation et les missions de leurs équipes pour les adapter aux nouveaux enjeux et à la nouvelle donne de la révolution numérique. Elle-même très investie et particulièrement active sur les médias sociaux (Twitter, LinkedIn, etc) ainsi que sur des plateformes telles que Scoop.it, qui lui permettent de partager le fruit de sa veille sur ses thèmes de prédilection (gestion des risques, démarches RSE, enjeux environnementaux…), elle est également la meilleure des ambassadrices 2.0 de son entreprise, dont elle ne manque pas de relayer l’actualité et les initiatives. Comme Béatrice Judel, elle a également initié dans son entreprise un réseau  d’ambassadeurs-salariés dynamiques, qui partagent également l’actualité et les informations concernant Generali.

> Natacha Quester-Séméon (@NatachaQS)

natacha-quester-semeon-par-olivier-ezrattyChroniqueuse, coach digitale, co-fondatrice et CEO de l’agence digitale YouARhere, qui développe en particulier des solutions de réalité augmentée pour les entreprises, Natacha Quester-Séméon est une de ces « serial entrepreneuses » tombée elle aussi très tôt dans la grande marmite du digital. Fondatrice, avec sa mère et son frère d’une société de création de sites web éducatifs et culturels (I-Marginal), secrétaire générale du site Les Humains Associés et blogueuse sur son site super-marmite.com, Natacha est aussi une influenceuse humaniste et engagée, dont chacune des initiatives en ligne rencontre en général le succès. Co-fondatrice du mouvement et de la plateforme Les Zèbres avec Alexandre Jardin, elle a également présidé au lancement des associations Girlz In Web et Girls 3.0 et est également à l’origine du mouvement #JamaisSansElles. On la retrouve sur toutes les plateformes sociales référentes : Twitter, LinkedIn, Facebook et YouTube notamment, sur lequel son agence dispose de sa propre chaîne.

> Anne Lalou (@annelalou)

tedxcomiteinspiration-5-850x525Fille de diplomate et Directrice de la Web School Factory, Anne peut se targuer d’une carrière déjà bien remplie et extrêmement riche, à des fonctions de haute responsabilité dans les domaines de la finance internationale (Lazard, Rothschild), de l’immobilier (Nexity) et des médias (Havas). Rapidement sensibilisée aux enjeux de la révolution numérique, cette diplômée de l’ESSEC s’est fixée il y a 5 ans un nouveau défi. En créant de toutes pièces, sur le modèle américain, une grande école dédiée aux enjeux et aux métiers du numérique (la Web School Factory) et en l’adossant d’emblée à un laboratoire innovant (l’Innovation Factory), Anne a également fait le pari d’un modèle éducatif nouveau, où le brassage culturel, la curiosité et le collaboratif sont poussés à l’extrême, pour « apprendre aux étudiants à devenir autonomes, pour ne pas subir leur vie professionnelle ». Une approche qui a d’ores et déjà séduit beaucoup d’étudiants et de nombreuses entreprises, le charisme de cette directrice pas comme les autres n’étant pas non plus pour rien dans ce succès. Une championne du digital à suivre sur Twitter, Facebook et LinkedIn (entre autres).

> Guénaëlle Gault (@LaGuirlande)

photo-guenaelle-gaultAujourd’hui Chief Digital Officer de Kantar Public Affairs et Chief Digital Officer France de Kantar Consumer Insights, Guénaëlle a débuté sa carrière comme consultante au sein de l’agence Teymour (groupe Makheia), avant de rejoindre le Service d’Information du Gouvernement (en 2000) puis le département politique et opinion de TNS Sofrès, dont elle est ensuite devenue Directrice. « Digital transformeuse », Guénaëlle intervient régulièrement dans des colloques, auprès d’étudiants ou dans les médias pour évoquer les enjeux du numérique dans les entreprises. Chroniqueuse et auteure, sous sa casquette précédente, d’un ouvrage sur la politique « Pour en finir avec la politique à Papa. Les trentenaires prennent la parole », Guénaëlle est également une habituée des plateaux TV et une communicante pédagogue, à suivre sur Twitter bien sûr, mais également LinkedIn et Facebook.

> Céline Lazorthes (@CelineLz)

e-omrdylChef d’entreprise, fondatrice et dirigeante du groupe Leetchi, qui édite le site Internet de cagnotte en ligne Leetchi.com, l’outil de transfert par courrier électronique Leetchi Cash et la solution de paiement sur Internet Mangopay, Céline a connu une réussite fulgurante, au point d’avoir été nominée, dès 2011, pour le prix de la jeune personnalité digitale influente de l’année aux Hub Awards, aux côtés de Jacques-Antoine Granjon, Marc Simoncini, Pierre Kosciusko-Morizet et Xavier Niel. Cette ancienne diplômée de HEC, aussi audacieuse que tenace dans ses projets, a eu l’intelligence de céder 86% de start-up au Crédit Mutuel Arkea (en septembre 2015), une étape indispensable pour le développement de Leetchi, à l’international notamment. Tout en restant à la tête de Leetchi, elle est également devenue depuis lors business angel elle aussi, et intervient régulièrement dans les médias pour témoigner de son parcours et susciter les nouvelles vocations de la net économie. Une jeune dirigeante connectée à suivre sur Twitter et la plupart des grandes plateformes… et à retrouver également au travers de ses nombreuses interviews en ligne.

> Lubomira Rochet (@ljubomira)

lubomira-rochetChief Digital Officer du Groupe l’Oréal, Lubomira a été précédemment Directrice générale Europe du Sud de Valtech, après avoir travaillé dans des fonctions digitales chez Microsoft, Cap Gemini ou à l’Unesco, au début de sa carrière. Multi-diplômée, comme la plupart des championnes du digital que j’ai déjà mentionnées (Sciences Po, Ecole Normale Supérieure, Europa College et Berkeley !), Lubomira pilote la stratégie digitale de l’Oréal et met en musique sa transformation numérique, avec deux atouts de poids : un siège au Comité exécutif du Groupe tout d’abord, ce qui est d’autant plus utile que la fonction de CDO reste en général mal connue et appréhendée par les dirigeants, et d’autre part des moyens importants (encadrement direct de 80 collaborateurs et lien de hiérarchie fonctionnelle avec les 1 200 collaborateurs du Groupe en charge de missions marketing). Aujourd’hui présente et active sur Twitter, Facebook et LinkedIn,  ainsi qu’au travers de ses interviews accordées à différents médias, Lubomira est une championne digitale à suivre.

> Isabelle Falque-Pierrotin (@CNIL)

isabelle_falque-pierrotinS’il fallait une preuve qu’on peut être à la fois une championne très influente du l’écosystème digital et ne pas être du tout (ou presque) présente à titre personnel sur les différents réseaux sociaux (mais assurément ce cas relève davantage de l’exception que de la règle), Isabelle en est une parfaite illustration. Conseillère d’Etat et Présidente de la CNIL depuis le 21 septembre 2011 (elle a été réélue à ce poste en février 2014), elle est également Présidente du G29, le groupe de travail qui rassemble les différentes autorités en charge de la protection des données au sein de l’Union européenne. A ce titre (et ceci explique sans doute cela), après avoir également travaillé dans ses vies professionnelles antérieures auprès du Président de Bull, mais également au Ministère de la culture et à l’OCDE (en charge de la coopération internationale sur Internet, dès 1996), elle demeure constamment vigilante aux infractions et abus des Etats et des grandes plateformes Internet (GAFA notamment) en matière d’exploitation des données d’entreprises ou personnelles. Personnalité incontournable du numérique, très écoutée, il ne lui reste plus à mon humble avis qu’à ouvrir au moins un compte Twitter personnel  pour être parfaitement irréprochable ;-)) On peut en attendant la suivre en découvrant sur le web ses nombreuses interviews et prises de parole.

                                > Aurélie Jean (@Aurelie_JEAN)

aurelie-jean-e1456915905828Après Ludwine Probst la semaine dernière, je ne pouvais manquer de mentionner à part égale cette semaine le profil et le parcours brillants d’Aurélie Jean, aujourd’hui Senior Software developer chez Bloomberg, à New York. Diplômée de l’Ecole Normale Supérieure des Mines de Paris, mais également de la Penn University et du MIT (excusez du peu), cette jeune femme du numérique, docteur en sciences des matériaux et plus particulièrement « experte de la modélisation numérique et mathématique du comportement mécanique et morphologique des matériaux mous » a déjà consacré 7 années de recherche à cette spécialité au sein de l’Université de Pennsylvanie puis du prestigieux Massachussett Institute of Technology, avant de relever ce nouveau défi numérique en début d’année 2016 chez Bloomberg. Role model exemplaire pour les futures développeuses et autres programmatrices, elle est très attachée à expliquer son métier à ses jeunes compatriotes françaises et à battre en brèche les stéréotyped des métiers du code, souvent associés à la programmation de jeux vidéo et à cette image très masculine du geek un peu asociable passant ses journées derrière son écran. Un jeune femme à suivre sur Twitter bien sûr, mais aussi Facebook ou via ses différentes interviews consultables en ligne…

Quelques autres femmes du numérique à suivre sans hésitation…

Professionnelles de la transformation numérique en entreprise, consultantes spécialisées en stratégies digitales et/ou influenceuses reconnues des médias sociaux, plébiscitées pour la qualité et la richesse de leur compte Twitter, ces autres championnes du digital valent assurément le détour : Fabienne Billat alias @fadouce, consultante en stratégie digitale et responsable du réseau Femmes du Numérique en Rhône-Alpes ; Natalia Robles alias @RoblesNatalia, aujourd’hui attachée Information Digitale chez GRDF et membre du Comité TEDxCEWomen ; Aurélie Coudouel alias @AurelieCoudouel, Social media manager influente ; Isabelle Mathieu alias @isabellemathieu, Social Media Strategist et evangelist depuis 2010 ou bien encore Sandrine Fouillé, alias @sfouille, Directrice Conseil en stratégie digitale, marketing et transformation numérique, également déléguée de l’association Femmes du numérique en Pays de Loire.

Chief Digital Officers également très reconnues au sein de leur entreprise et auprès des professionnels, Thina Cadierno, alias @TCadierno (CDO de Carrefour), Gabrielle Mendès, alias @gabrielletwitt (CDO de PwC France) ou encore Magali Noé, alias @_Magali_NOE (CDO de CNP Assurances) sont d’autres ressources de grande valeur, très suivies en particulier sur Twitter.

Je citerai enfin, sans aucune prétention à l’exhaustivité encore une fois, ces spécialistes travaillant principalement en agence ou à leur compte que sont Valérie Demyttenaere (@ValBdeMytte), Sandrine (@Sandrinea), Catherine Cervoni (@CathCervoni) ou encore Coryne Nicq (@corynenicq) pour leur veille digitale sans faille notamment !

20 championnes du digital et de la #TransfoNum à suivre sur Twitter (et ailleurs)

femme-code-binaire-numeriqueC’est un peu mon péché mignon. Pour celles et ceux d’entre vous qui suivent régulièrement le BrandNewsBlog, vous connaissez mon goût pour les listes de professionnels du marketing, de la communication et autres sélections de talents du web 2.0.

Cela étant, aujourd’hui (une fois n’est pas coutume), point de parité hommes-femmes à attendre dans mes suggestions de comptes à suivre, car c’est à des championnes du digital et de la transformation numérique que j’ai décidé de m’intéresser… Entendez par là : à de véritables expertes d’Internet, des médias sociaux et de la transformation des entreprises, dont le digital a toujours été ou est progressivement devenu un violon d’Ingres. Au point que chacune d’entre elle intervient aujourd’hui régulièrement dans les médias ou dans le cadre de conférences dédiées pour partager sa vision, son expérience et ses bonnes pratiques en matière d’acculturation au numérique et d’adaptation du marketing, du langage ou des organisations à la nouvelle donne technologique.

Charismatiques, engagées et souvent visionnaires, ces femmes n’hésitent pas à casser les codes de leur secteur et de leur profession pour faire entendre la voix d’une innovation responsable, co-produite par les différentes parties prenantes et respectueuse de l’intérêt de chacun. Ce faisant, elles montrent incidemment l’exemple en brisant chaque jour un peu plus ces fameux « plafonds de verre », qui dans trop de secteurs (développement web, data analyse…) empêchent encore les femmes d’accéder comme elles le devraient à un certain nombre de métiers du numérique ou/et aux responsabilités qu’elles méritent.

Vous l’aurez compris : c’est avec une sincère admiration que je vous présente aujourd’hui les profils de ces championnes, dont plusieurs vous seront sans doute déjà connues, mais toutes méritent vraiment d’être découvertes… et suivies via leurs différents comptes sociaux.

Si j’ai pu commettre des oublis en me montrant trop sélectif dans cette liste, ne m’en veuillez pas : cette sélection ne prétend évidemment pas à l’exhaustivité et est nécessairement subjective. Par la qualité et la diversité des profils retenus, elle correspond davantage au « plateau idéal » de conférencières que je rêverais de rassembler un jour pour évoquer la transformation numérique des organisations (avis aux partenaires intéressés… ;) plutôt qu’à un quelconque classement.

Et pour une liste bien plus large de digital women, je vous renvoie bien volontiers au remarquable projet « Quelques femmes du numérique », réalisé par le photographe Olivier Ezratty, en partenariat avec les associations Cyberelles, Femmes du numérique, Girlz In Web et Girls In tech notamment.

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Anne Browaeys-Level (@browaeys)

anne-browaeys-ans-rejoindra-regie-amaury-medias-mai-2013-comme-fAujourd’hui Directrice générale Marketing, Digital et Technologie du Club Med, Anne a été précédemment Directrice Générale Adjointe du Parisien (en charge notamment de la « digitalisation » du titre) et Chief Executive Officer du Groupe Fullsix, après en avoir occupé différentes fonctions, de consultante junior à Directrice générale de Fullsix France. Citée à deux reprises (en 2014 et 2015) dans le classement « French Economic Top 100 Young Leaders » établi par l’Institut Choiseul (en partenariat avec le Figaro), elle possède cette double expertise du management d’équipes transversales et de la gestion de projets digitaux ambitieux, assortie d’une aura et d’un charisme reconnus, qui lui ont valu d’intervenir régulièrement dans les médias et dans le cadre de conférences. Membre du Comité de direction de Club Med, directement rattachée au P-DG Henri Giscard d’Estaing, elle a pour ambitieuse mission de piloter la transformation digitale du Club Med et de coordonner l’innovation client du Groupe, à la tête d’une direction élargie regroupant les équipes marketing et SI. Présente sur LinkedIn et Twitter, où elle partage notamment les initiative digitales du Club Med, on peut également la suivre sur Facebook (entre autres).

                                                    > Géraldine Le Meur (@geraldine)

geraldine_le_meur_kmeronPersonnalité du web, Géraldine est bien connue pour avoir lancé et co-piloté en son temps, avec son mari Loïc Le Meur, la célèbre conférence LeWeb, qui avait su attirer à Paris les intervenants et speakers les plus prestigieux de la Net économie. Aujourd’hui basée à San Francisco et co-fondatrice de The Refiners, un accélérateur de start-up dont la vocation est d’accompagner de jeunes pousses étrangères à assimiler les codes culturels de la Silicon Valley et à développer leur propre réseau de contacts sur place, elle est également angel investor et fière maman d’une « tribu de 3 garçons », ainsi que l’indique son profil Twitter. Régulièrement invitée en France et aux Etats-Unis à s’exprimer sur l’évolution de l’écosystème des start up et sur leurs perspectives de développement, elle est également actionnaire et membre du conseil d’administration d’un certain nombre d’entre elles.  Présente sur Twitter, LinkedIn ou Instagram, Géraldine est également très active sur Facebook, plateforme sur laquelle elle partage de nombreuses vidéos et interviews.

> Jeanne Bordeau (@JeanneBordeau)

dsc_0343n52-gradientRégulièrement citée dans les colonnes de ce blog, Jeanne est assurément une des professionnelles françaises les plus averties et les plus inspirantes en matière de branding, de storytelling et de communication. Fondatrice en 2004 de l’Institut de la qualité de l’expression, premier « bureau de style » en langage, dont le but est d’aider les entreprises à mettre en accord leurs messages avec leur identité et leurs valeurs, elle a précédemment été critique littéraire, lobbyiste et directrice d’une maison d’édition. Artiste et auteure de plusieurs ouvrages de référence sur le langage et la communication, Jeanne et ses équipes ont investi depuis une dizaine d’année les champs de l’écriture digitale, avec une acuité et une pertinence dont peu de web agencies peuvent hélas se prévaloir. A ce titre, la lecture du dernier ouvrage de Jeanne «Le langage, l’entreprise et le digital » est à recommander d’urgence à tous ceux qui s’intéressent à la communication et son évolution… tout autant qu’aux web marketers et autres experts du brand content. Très active sur Twitter, on retrouve également Jeanne sur LinkedIn et dans de nombreuses interviews en ligne, bien référencées par Google.

> Sandrine Plasseraud (@sandrine)

sandrine-plasseraudAprès un début de carrière effectué chez Playtex puis au sein du groupe Renault, où elle a été en charge de différentes fonctions marketing (en Angleterre et en France), Sandrine est une de ces rares professionnelles qui a ensuite fait le choix audacieux de passer de l’annonceur à l’agence, en intégrant en 2008 l’agence We are social. Aujourd’hui Directrice Générale de We Are Social France, elle a déjà remporté avec ses équipes plusieurs distinctions recherchées dont le Prix de la meilleure agence Social media de l’année 2016. Fréquemment invitée par les médias à exprimer sa vision de la transformation numérique des entreprises et de l’évolution des enjeux du web 2.0, elle intervient également dans le cadre de nombreuses conférences et est aujourd’hui reconnue comme une des professionnelles incontournables sur ces sujets. Bien évidemment présente sur de nombreuses plateformes, on retrouve Sandrine aussi bien sur Facebook, LinkedIn, Google + que Pinterest ou Flickr… Sur Twitter, où elle est également très active, elle partage aussi bien l’actualité de l’agence que le contenu de ses interventions ou des informations plus générales concernant le web 2.0 et la #TransfoNum bien entendu.

> Emmanuelle Leneuf (@FlashTweet)

emmanuelle-leneufPour les habitués de Twitter, on ne présente plus Emmanuelle, journaliste et conceptrice du plus petit média du monde, ainsi qu’elle aime à le baptiser : le #FlashTweet.  Soit un condensé de l’actualité de l’innovation et du numérique, résumée chaque jour en 10 tweets, et qui réunit chaque matin au moment de sa diffusion une communauté de plus en plus impressionnante de followers,  séduits par la qualité de cette sélection d’articles savamment mise en valeur et rehaussée par de nombreuses exclusivités. Lancé en 2015, le #FlashTweet a permis au compte Twitter d’Emmanuelle de passer de 1 000 followers à peine à plus de 25 000 aujourd’hui. Une communauté passionnée et fidèle, dont la mobilisation et l’engagement lui ont également ouvert les portes de nombreuses entreprises, intéressées par sa vision et son média innovant et original. Bref : une femme du numérique à suivre sur Twitter bien sûr mais également sur ses autres comptes sociaux : LinkedIn, Facebook, Google+, YouTube, etc.

> Florence Karras (@Flokarras)

1ek_gzlnChief Digital Officer chez BNP Paribas Cardif, Florence est une de ces professionnelles du numérique parmi les plus influentes, à ce titre très régulièrement invitée dans les colloques et conférences dédiés notamment à la transformation numérique et à ses impacts. Classée 3ème du « TOP 20 des CDO les plus influents » établi en juin dernier par l’Institut Brandwatch, sa communauté compte aujourd’hui plus de 4 500 followers sur Twitter, qui la suivent et repartagent avec assiduité chacune de ses nouvelles publications. Passionnée par l’innovation et les médias sociaux, elle aime aussi la prospective et la détection des tendances qui deviendront ensuite « mainstream ». Véritable digital evangelist chez BNP Paribas Cardif, elle est aussi très impliquée dans la communauté d’influenceurs #i4Emploi, dont le but est d’apporter aide et accompagnement aux chercheurs d’emploi sur les réseaux sociaux. Florence est également active sur les plateformes Facebook, LinkedIn, Viadeo, Google+…

> Béatrice Judel (@bjudel)

ohkyrjcnChampionne du numérique à double titre, car elle n’hésite pas à promouvoir et à défendre sur ses comptes la cause des femmes en entreprise, mais également de par son dynamisme à toute épreuve de dircom hyperconnectée, Béatrice, Directrice Marketing et Communication de Pierre & Vacances Conseil Immobilier, est une source d’information incontournable sur les réseaux sociaux pour tout ce qui concerne l’immobilier, mais également le tourisme, l’environnement et les loisirs. Dans ses fonctions chez PVCI, elle est également à l’origine d’une initiative numérique à la réussite aujourd’hui largement saluée : le lancement d’une  communauté d’ambassadeurs de marque, qui rassemble aujourd’hui de nombreux collaborateurs de son entreprise, tous actifs désormais sur Twitter et qui communiquent quotidiennement sur les produits du Groupe, les actualités du marché de l’immobilier et les expertises de Pierre & Vacances Conseil Immobilier… En bonne apôtre du digital au sein de sa profession, Béatrice est également active sur Facebook, LinkedIn, Viadeo, Pinterest, Instagram…

> Fadhila Brahimi (@FBrahimi)

xsmparknEntrepreneuse, coach en eRéputation et communication d’influence, Fadhila accompagne aussi bien les entreprises que des personnalités dans le développement de leurs compétences digitales et la gestion de leur visibilité et de leur réputation sur les médias sociaux. Co-auteure du livre « Moi 2.0 » et contributrice à de nombreux ouvrages sur les médias sociaux, elle est aussi régulièrement sollicitée par les médias et les organisateurs de conférence pour s’exprimer sur le personal branding, discipline qu’elle a largement contribué à faire connaître et à développer en France depuis une dizaine d’années et sur laquelle son expertise est sans équivalent. Au-delà de Twitter, réseau sur lequel elle est est particulièrement active, on la retrouve sur de nombreuses plateformes : LinkedIn, Facebook, Google+, YouTube, Vimeo, Slideshare, etc.

> Axelle Lemaire (@axellelemaire)

2014-06-18_wan_axelle_lemaireDe nationalité française et canadienne, Axelle a grandi au Québec et rejoint la France à l’adolescence. Elue en juin 2012 députée de la 3ème circonscription des Français établis hors de France (à ce titre, elle représente jusqu’en mai 2014 les Français installés dans dix pays d’Europe du Nord), elle a été nommée Secrétaire d’Etat chargée du Numérique et de l’Innovation en avril 2014, en remplacement de Fleur Pellerin. Bonne experte des différents enjeux de la transformation numérique des entreprises et des institutions, elle a notamment présenté en octobre 2013 avec Hervé Gaymard un rapport sur la stratégie numérique de l’Union européenne, avant de soutenir et de voir aboutir, dans le cadre de son mandat de Secrétaire d’Etat, son projet de loi pour une République numérique (adoptée en septembre 2016). Evidemment très présente dans les médias, Axelle est très active sur Twitter et LinkedIn, dont elle est l’une des « influenceuses » reconnues, mais également sur Facebook (entre autres).

                                > Ludwine Probst (@nivdul)

img_8284-1024x683Aujourd’hui développeuse et data engineer freelance, Ludwine s’est lancée en informatique après des études de mathématiques (bac S, classe prép. PSCI puis fac de mathématiques). Rapidement sensibilisée à la cause de la défense et la promotion du rôle des femmes dans le secteur du numérique, elle s’est engagée dans le milieu associatif dès 2011 pour lutter contre les stéréotypes attachés à ce milieu et donner envie à d’autres femmes de se lancer dans ces métiers digitaux réputés très masculins. Lauréate en 2014 du trophée Excellencia, qui récompense des femmes « high tech » exemplaires, elle a depuis lors fondé sa propre association (« Ladies of Code ») et été très sollicitée par les médias français et étrangers pour parler de son expérience de développeuse et partager sa vision du rôle des femmes dans l’économie numérique. Active sur Twitter, mais également sur LinkedIn ou Facebook, on retrouve également ses nombreuses interviews sur le web…

Découvrez la suite et fin de cette shortlist de championnes du numérique dès mardi 27 décembre prochain…

 

 

2017 : année de la maturité numérique pour les communicants ?

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Du digital à chaque repas et entre les repas… Depuis quelques années, les marketeurs et les communicants n’entendent plus parler que de révolution numérique, de web 2.0, de big data, de digitalisation de la relation client et de m-marketing, quand ce n’est pas de réalité virtuelle ou de réalité augmentée qu’il est maintenant question. Pas un média spécialisé ni une conférence métier qui ne consacre l’essentiel de ses thématiques à ces vagues digitales successives, dont chacun constate par ailleurs chaque jour les impacts sur nos activités.

Le résultat de ce traitement de choc ? A part quelques très rares réfractaires, il semblerait que les professionnels soient enfin tous entrés dans l’ère numérique. Avec plus ou moins de conviction et des degrés d’engagements certes divers (il reste encore beaucoup à faire pour certains), mais dans tous les cas avec volontarisme, comme en témoigne l’étude publiée cette semaine par l’éditeur Wiztopic et le cabinet de conseil en transformation numérique Digiturns¹.

Affichant désormais une maîtrise du numérique bien supérieure à ce qu’elle était il y a encore 3 ans et un niveau de culture digitale plus avancé au sein de leurs équipes ; forts également de l’intégration de nouvelles compétences et de nouvelles technologies dans le quotidien de leur activité, les Dircom semblent enfin aligner leurs pratiques sur les discours incantatoires qui prévalaient ces dernières années.

Plus « matures », en somme, sans être non plus exemplaires, comme ne manquent pas de le pointer les auteurs de l’étude Wiztopic-Digiturns, les équipes com’ semblent néanmoins prêtes à embrasser tous les défis de la transformation et à prendre un rôle moteur en 2017, sans tout sacrifier pour autant à cette nouvelle divinité qu’est la déesse digitale.

Peut-on dès lors pronostiquer que 2017 sera l’année de la pleine maturité numérique des communicants ? C’est ce que je vous propose de déterminer dans mon article du jour, au travers des enseignements des dernières études sur le sujet et de l’avis éclairé de quelques professionnels, dont Christophe Lachnitt², qui nous offrira en conclusion sa vision des grands enjeux à venir de la transformation numérique pour les communicants…

Startup Stock PhotosTransformation numérique : quand les communicants « reprennent la main »

C’était la conclusion tirée cette semaine par Thierry Wellhoff et Edouard  Rencker à l’issue de la conférence Tendances Communication 2017³ à laquelle j’ai assisté, et c’est également un des principaux enseignements de cette étude Wiztopic-Digiturns publiée jeudi dernier : oui, après avoir été submergés par les vagues successives de la révolution numérique, il semble bien que les communicants aient enfin refait surface.

Globalement, sans revenir sur tous les résultats de cette étude, que je vous laisse découvrir ou redécouvrir ici, 57 % des responsables communication interrogés dans le cadre de cette étude sur la transformation numérique des directions de la communication estiment la culture digitale de leur équipe plutôt « bonne » ou « excellente » et 41 % la voient « en progrès », contre 2 % seulement des responsables qui jugent leur équipe en retard de ce point de vue.

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Au-delà de ce premier satisfecit, toujours sur ce thème de l’acculturation au digital, on notera aussi que 38 % des responsables interrogés se définissent eux-mêmes comme « geeks » ou « early adopters » vis-à-vis des nouvelles technologies, tandis que 59 % se déclarent par ailleurs « plutôt ouverts à la nouveauté » : une bonne nouvelle, surtout au regard du chemin qui reste à parcourir à certains et dans l’optique des prochaines révolutions digitales qui ne manqueront pas d’arriver.

On note par ailleurs que 64 % des Dircom auraient établi un plan de digitalisation de leur direction et le mettraient déjà en œuvre, sans qu’on ait davantage de précision sur la nature et de périmètre de ces plans, ni en quoi ils consistent exactement il faut le dire…

Bref, ainsi que le résume Jérôme Lacombe, Président de Wiztopic, il semblerait bien que « la transformation des Directions communication s’accélère. Toutes n’ont pas basculé, mais à part une minorité de réfractaires, elles s’y préparent avec volontarisme […] Aujourd’hui, les communicants s’approprient sans complexe les nouvelles technologies ».

Comblant un retard relatif face à d’autres directions métiers, comme les directions marketing, et pressées par un contexte et des interrogations récurrentes (menace de perdre la maîtrise de leur activité et de la réputation de l’entreprise face à aux bouleversements des médias traditionnels, à l’instantanéité et à l’explosion des réseaux sociaux ; crainte de déphasage par rapport à l’évolution des usages et de la consommation des médias ; risques de ringardisation et d’obsolescence des compétences des communicants et de la communication de l’entreprise), les directions de la com’ semblent enfin avoir évolué et pris la mesure des opportunités que leur offre la digitalisation de leur métier et de leur activité.

Et cette orientation positive, cohérente avec les résultats de l’étude menée il y a quelques mois par l’agence Proches Influence & Marque (voir ici mon précédent article au sujet de cette étude) était également largement corroborée cette semaine par le témoignage des différents intervenants à la conférence Tendances Communication 2017.

...Mais de nombreux progrès restent à accomplir

Ainsi que le pointent les auteurs de l’étude Wiztopic-Digiturns, si l’acculturation des communicants au digital et la prise de conscience des enjeux de la révolution numérique sont déjà engagées, avec le recrutement ou le développement de compétences numériques au sein des équipes existantes, d’autres chantiers paraissent beaucoup moins avancés, voire franchement en retard.

L’organisation, en premier lieu, demeure un point de friction récurrent et turlupine régulièrement les Dircom, dont 79 % ont fait le choix « d’intégrer le digital dans les fonctions habituelles de leurs équipes », plutôt que de lui dédier une task-force ou des équipes distinctes.

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etude3Ne rien changer, « rafistoler » les organigrammes en intégrant les nouvelles compétences digitales ou bien faire table rase et repenser complètement l’organisation de leur service et ses modes de fonctionnement : il semble qu’aucun responsable ne soit pleinement satisfait des arbitrages et compromis organisationnels adoptés, tenus qu’ils ont été ou qu’ils sont de faire avec l’existant.

L’accompagnement à la transformation numérique offerts par les agences (généralement jugé insatisfaisant ou décevant), de même que l’équipement des directions de la communication en outils de gestion de la relation client, d’exploitation des big data ou de publication de contenu sont les autres zones de progrès identifiées par ailleurs.

Et de ces deux faiblesses, c’est bien le retard dans l’adoption et l’utilisation des outils (50 % seulement des communicants interrogés disent par exemple utiliser un CRM), qui est le plus urgent à combler, tant il est vrai que les nouveaux standards en termes de connaissance client et de ciblage des contenus et messages exigeront nécessairement un bien meilleur degré de maîtrise.

Reprendre la main… et de la hauteur par rapport au « tout numérique »

Mais « reprendre la main par rapport à la déferlante numérique », c’est aussi savoir faire un pas de côté et reprendre de la hauteur, en parfaite connaissance de cause, ainsi que le rappelait très judicieusement cette semaine Béatrice Mandine, directrice de la communication du groupe Orange, dans sa keynote d’introduction à la conférence Tendances Communication 2016.

Aussi nombreux et structurants que soient les impacts de la révolution numérique et de la transformation digitale des entreprises, le tout-numérique ne remplace en aucun cas une stratégie, encore moins une stratégie de marketing ou de communication, et il appartient bien aux communicants, et aux directeurs communication en premier lieu de remettre le digital en perspective et au service des autres grands enjeux structurants que sont notamment la meilleure connaissance des attentes clients, la diffusion de l’innovation en interne et en externe, la production et la diffusion de contenus toujours plus ciblés et qualitatifs… ou l’amélioration de l’expérience clients/utilisateurs.

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De ce point de vue, il est évident, au-delà de la transformation digitale de leur service, que les communicants ont également un rôle éminent à jouer dans la réussite de la transformation numérique de leur entreprise. Car à défaut de devenir purement et simplement les leaders de cette transformation aux côtés de leur direction générale, c’est bien de l’exemplarité du dircom et de ses équipes, mais aussi et surtout de leur capacité à accompagner l’acculturation de tous les collaborateurs au digital et à valoriser en interne comme en externe les belles initiatives numériques, que dépend en grande partie la réussite de cette transformation.

Et c’est d’ailleurs sur ce rôle de « passeur » et de « créateur de sens » au service de la stratégie de l’entreprise que revient en premier lieu Christophe Lachnitt, dans son interview à découvrir ci-dessous…

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Dircom reconnu, blogueur prolixe sur son site Superception, auteur d’une newsletter et d’ouvrages de référence sur la communication et sur la transformation numérique (dont son nouveau livre : « Le génie gênant », qui vient de sortir au mois d’octobre), Christophe Lachnitt  est un acteur et un observateur particulièrement averti de cette révolution digitale qui traverse la com’ depuis plusieurs années…

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Le BrandNewsBlog : Si la culture digitale des équipes communication progresse globalement, avec l’intégration dans beaucoup d’entreprises de compétences nouvelles et dédiées, il semble que les organisations tardent en revanche à s’adapter… Entre les entreprises qui ont fait le choix de ne rien changer ou de « rafistoler » un tout petit peu leur organigramme et celles qui optent pour des changements beaucoup plus structurants et radicaux (brand newsrooms…), quelle est à votre avis la meilleure formule ? Et comment saisir par le bon bout ce chantier de l’organisation des directions de la communication ?

Christophe Lachnitt : Je crois qu’il y a deux pièges. Le premier consiste à ne jamais changer, le second à changer trop souvent… En effet, dans nos métiers, une révolution chasse l’autre. A mes yeux, nous avons déjà vécu trois révolutions que je pourrais résumer (et donc forcément simplifier excessivement) de la manière suivante :

  • la révolution numérique, née dans les années 1990, est synonyme d’ubiquité : les informations voyagent beaucoup plus rapidement et facilement (les deux aspects sont aussi importants l’un que l’autre) qu’avant ;
  • la révolution sociale, née dans les années 2000, est synonyme d’interactivité : l’expression publique n’est plus réservée aux acteurs de l’actualité et aux experts. Chacun peut prendre la parole et interagir sur le web social et tous les liens URL ont la même valeur sur Internet ;
  • la révolution mobile, née dans les années 2010, est synonyme d’instantanéité : nous consultons nos smartphones au moins 150 fois par jour et notre appréhension du monde dans lequel nous vivons en tant que consommateurs et citoyens est aussi permanente qu’éphémère. C’est ce que j’appelle « la civilisation Snapchat ».

La révolution numérique dont on parle aujourd’hui recouvre en fait ces trois révolutions successives. Elles seront suivies d’autres. La prochaine, dans les années 2020, sera peut-être l’avènement de la réalité virtuelle et augmentée comme prochaine plate-forme informatique pour opérer la fusion de nos vies analogique et numérique dans une réalité mixte. C’est notamment le pari que fait Mark Zuckerberg.

Il est évident que les directeurs de la communication et/ou du marketing ne peuvent pas rester inertes face à ces évolutions dans la manière dont ils structurent leurs organisations respectives. Mais, pour autant, il faut éviter que la rapidité et la multiplicité de ces transformations n’induisent des changements organisationnels trop fréquents qui auraient une pertinence peu durable et déstabiliseraient les équipes. Il faut essayer, dans la mesure du possible, d’identifier des tendances sur le temps long pour configurer son organisation.

Je citerais deux exemples de mutations en cours dans les relations entre les marques et leurs publics qui doivent à mon sens influencer la structuration des organisations de la communication et/ou du marketing.

A l’époque analogique, les collaborateurs qui n’étaient pas en contact direct avec les clients ne jouaient aucun rôle dans la stratégie marketing et commerciale de leur employeur. Et les clients étaient logiquement la cible prioritaire de la communication externe. A l’ère numérique, les collaborateurs parlent de leur employeur sur le web social en touchant un nombre considérable de ses parties prenantes : les collaborateurs disposent sur les réseaux sociaux d’une communauté dix fois plus grande en cumulé que celle de leur employeur et, alors que seulement 2% des collaborateurs partagent les contenus que leur organisation publie, ils génèrent 20% de leur engagement total.

La contribution des collaborateurs à la communication externe est d’autant plus importante que (i) ils sont plus crédibles que leur employeur (15% des gens seulement font confiance aux messages corporate publiés sur les réseaux sociaux contre 70% qui se fient aux opinions mises en ligne par leurs relations) et (ii) la connexion émotionnelle qu’ils ont avec leurs contacts numériques bénéficie à la marque qu’ils représentent. Il me semble que ce phénomène doit avoir deux conséquences sur les directions de la communication et/ou du marketing.

En premier lieu, il est plus important que jamais que les collaborateurs maîtrisent et s’approprient les messages corporate de leur employeur ainsi que son offre de produits et/ou services afin de les évoquer pertinemment sur le web social. Le marketing va donc s’internaliser, de même que la mission des community managers, afin d’éduquer les collaborateurs qui seront demain les vrais community managers des marques sur le web social.

En second lieu, la communication interne devra plus que jamais donner du sens à l’activité des organisations en partageant leur vision, leur stratégie et leurs valeurs : ces contenus sont à la fois les plus gratifiants à partager pour les collaborateurs sur le web social et les plus générateurs d’adhésion. Cet enjeu est d’autant plus important que seulement 37% des collaborateurs ont une compréhension claire de la vision et des objectifs de leur organisation.

Le BrandNewsBlog : On le voit, plutôt que de confier le digital à des équipes dédiées, distinctes du reste de leur service, une majorité de Dircom a souvent choisi d’intégrer le digital dans chacune des fonctions existantes, quitte à adjoindre à certaines de ces fonctions une compétence digitale « de renfort ». Ce choix vous paraît-il pertinent et à la hauteur des enjeux auxquels les services communication sont/vont être confrontés ?

Christophe Lachnitt : Au-delà des tendances de fond communes à toutes les marques, je rechigne toujours à donner des conseils d’organisation généraux car les problématiques d’organisation dépendent considérablement des spécificités de chaque entreprise en matière de modèle stratégique et opérationnel, de type de marché, de stade de développement et, surtout, de culture.

Je ne peux donc pas apporter de réponse manichéenne à votre question au présent car les deux configurations peuvent se défendre en fonction des enjeux business et humains de chaque organisation. Mais je suis plus catégorique lorsque j’envisage l’avenir : quelle que soit l’organisation qu’elle ou il choisit au présent, un directeur de la communication et/ou du marketing se doit absolument de former tous les membres de son équipe – ou leur donner les moyens de se former – au numérique afin qu’ils restent pertinents sur la durée et que leur niveau d’employabilité soit maintenu. C’est un devoir managérial – assurer l’efficacité future de son équipe – et éthique – garantir que ses collaborateurs resteront employables même s’ils quittent son organisation.

Dans ce domaine, je vois deux problématiques réciproques sur lesquelles j’insiste depuis plusieurs années auprès de mes collaborateurs et étudiants.

La première concerne les personnes qui ne sont pas des « digital natives » : à moins qu’elles ne soient à quelques mois de la retraite, leur pertinence dépendra de leur capacité à opérer dans un monde numérique, social et mobile. Pas seulement à le comprendre mais à y agir. Or, et c’est ce qui le rend passionnant, aucun secteur ne bouge plus vite, de nos jours, que celui de la communication et du marketing. Si on débranche six mois, on a pris autant de retard qu’Hibernatus lorsqu’il ne reconnaît pas la Société dans laquelle il se réveille.

La seconde problématique concerne les « digital natives » : la compétence numérique – la maîtrise des nouveaux médias – ne pourra pas indéfiniment compenser un manque de compétence sur la stratégie de communication et les messages. Force est de constater que, aujourd’hui, un nombre excessif de communicants de la génération numérique portent trop peu d’intérêt à la stratégie et aux contenus parce qu’ils maîtrisent les canaux. Certes, cette approche est favorisée par l’avantage concurrentiel que leur confère le déficit de leurs aînés dans ce domaine. Mais elle constitue une dépréciation insidieuse de la valeur ajoutée des communicants, qui sont avant tout, à mes yeux, des créateurs de contenus.

Ce qui est très intéressant dans ces deux problématiques est leur réciprocité : chaque génération peut apporter à l’autre ce qui lui manque et réaliser ainsi une convergence qui ne pourra que bénéficier à l’équipe.

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Le BrandNewsBlog : intégration des big data, utilisation des outils CRM, automatisation des publications ou de la diffusion de contenus : dans un certain nombre de domaines, il semble que le niveau d’équipement et les pratiques des directions de la communication soient souvent en retrait par rapport à d’autres directions, notamment marketing… Quels sont les enjeux dans ces domaines ?

Christophe Lachnitt : Pour commencer, notons que, pour des raisons historiques et culturelles, la distinction entre communication et marketing est beaucoup plus forte en France qu’aux Etats-Unis par exemple.

Aussi, plutôt que de l’aborder sous un angle concurrentiel, je voudrais, là aussi, la penser en termes de convergence. Il me semble en effet que la triple révolution numérique, sociale et mobile impose une convergence de la communication et du marketing selon une double dynamique.

La première émane de la communication. J’ai toujours posé qu’un communicant est un fournisseur de sens. Une entreprise est d’abord une collectivité humaine qui doit faire adhérer ses collaborateurs à un objectif commun et fidéliser ses clients. Le sens qu’elle véhicule permet aux collaborateurs de comprendre pourquoi et pour quoi ils travaillent et aux clients de se forger une perception dépassant les seuls critères commerciaux (qualité, prix…). En réalité, une marque n’est rien d’autre que le sens perçu par ses publics. C’est le rôle du communicant de créer et diffuser ce sens. Or, de nos jours, ce sens ne se limite plus à la communication corporate car les marques passent d’une relation verticale où elles communiquaient vers leurs publics à une relation horizontale où elles communiquent avec leurs publics.

Toute prise de parole publique est une contribution – positive ou négative, volontaire ou involontaire et, surtout, officielle ou informelle – au sens projeté par une entreprise. L’enjeu naturel de la communication dépasse donc son cadre traditionnel pour recouvrir toutes les relations d’une entreprise avec ses parties prenantes. A cet égard, je suis convaincu que les marques vont devenir des plates-formes et que l’animation de communautés de membres va remplacer la gestion de la relation client. Partant, communication et relation client vont de plus en plus confluer. La communication va nourrir le marketing en lui inculquant son expérience et ses pratiques en matière de sens.

La seconde émane du marketing. En raison de son intimité avec le business, il a toujours fonctionné en vertu d’objectifs et de méthodes opérationnelles précisément mesurables. A contrario, la communication, qui est « autant un art qu’une science », a toujours eu du retard dans ce domaine. Or le numérique rend presque tous les programmes de communication aussi finement mesurables que les campagnes marketing. C’est ainsi que des approches telles que le Big Data, le CRM, l’automatisation et, plus généralement, la valorisation de l’intelligence artificielle vont envahir les métiers de communication comme on le voit déjà avec, par exemple, la publicité programmatique. Ici, le marketing va nourrir la communication en lui inculquant son expérience et ses pratiques en matière de mesure du retour sur investissement.

Le BrandNewsBlog : la transformation numérique est un chantier exaltant, mais complexe, multiforme et de longue haleine… Quels sont les principaux écueils que doivent éviter les entreprises et quels sont les grands défis de cette transformation pour les 2 à 3 prochaines années ? 

Christophe Lachnitt : Pour ne pas être trop long, je citerais trois enjeux. Le premier tient au passage de la cohérence présumée à la divergence assumée de l’image. Dans l’ancien temps, les marques bénéficiaient d’un contrôle, relatif mais important, sur leur image et visaient la cohérence de celle-ci. Aujourd’hui, elles n’ont presque plus aucun contrôle sur leur image. Ce sont celles qui non seulement accepteront mais surtout intégreront la contradiction – notamment exprimée sur le web social – qui seront le plus crédibles.

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Le deuxième est le passage d’une relation verticale où les marques communiquaient vers leurs publics à une relation horizontale où elles communiquent avec leurs publics. Je l’ai évoqué tout à l’heure. Auparavant, les dirigeants avaient un monopole sur l’information et la communication était verticale. Aujourd’hui, l’information est accessible à tous et la communication est horizontale. Les entreprises sont donc beaucoup moins maîtresses de leur calendrier et de leurs thématiques de communication. Ce sont celles qui auront la stratégie de communication la plus solide qui ne se laisseront pas bousculer par ces intrusions extérieures dans leur communication et pourront être aussi efficaces lorsqu’elles sont réactives que lorsqu’elles sont proactives. Le fait que la communication soit devenue horizontale impose également un impératif de créativité beaucoup plus grand aux marques pour émerger dans un univers médiatique où le nombre de locuteurs et, partant, la surinformation sont désormais infinis. Enfin, alors que leurs publics ont grignoté une part importante de leur territoire d’expression, les entreprises doivent se poser la question de la création de leurs propres médias pour retrouver une certaine autonomie d’affirmation.

Le troisième enjeu, enfin, a trait au passage de la singularité à l’unicité de la marque. A l’époque analogique, la communication pouvait être mono-canal car les différents publics d’une marque ne s’entremêlaient pas. A l’ère numérique, la communication par silo n’est plus possible car tous les publics se retrouvent sur Internet. La singularité des messages diffusés à chaque audience, qui caractérisait la pratique désormais ancienne, doit donc être remplacée par l’unicité, non seulement du discours des marques mais aussi de leur comportement. Cette unicité n’est pas antinomique de la divergence d’image évoquée plus haut. Au contraire, elle la favorise en donnant aux marques la solidité nécessaire pour la supporter : elles sont d’autant moins déstabilisées par la contradiction qu’elles sont sûres de leurs valeurs et de leur corpus de messages.

 

Notes et légendes : 

(1) Etude « Les Dircom du futur » présentée jeudi 24 novembre par l’éditeur Wiztopic (plateforme logicielle pour les Directions de la communication) et la société de conseil DigiTurns, spécialisée dans l’accompagnement des entreprises à la transformation numérique. Pour cette étude, 500 responsables communication ont consultés au mois d’octobre 2016. 

(2) Dircom, blogueur prolixe sur son site Superception.fr, auteur d’une newsletter et d’ouvrages de référence, Christophe Lachnitt  est un acteur et observateur averti du monde de la communication et de la transformation numérique des entreprises.

(3) Respectivement Président de l’agence Wellcom et Président de Makheia Group, Thierry Wellhoff et Edouard Rencker intervenaient dans le cadre de la conférence Tendances Communication 2016, organisée lundi 21 novembre par le magazine Stratégies et l’organisme de formation Comundi. 

 

Crédits photos et illustrations  : Wiztopic-DigiTurns, Christophe Lachnitt, X, DR

Non, les responsables du digital n’ont (vraiment) pas le moral…

CDO

Ceux qui lisent régulièrement le BrandNewsBlog s’en souviennent peut-être : j’avais déjà abordé en fin d’année dernière la question du blues des responsables digitaux… Ceux qui ont encore meilleure mémoire se souviendront peut-être que les Chief Digital Officers et autres personnes interrogées à l’époque par l’institut Boléro s’attribuaient alors une note d’humeur ou de moral de 11,4 sur 20 (soit à peine plus que la moyenne).

… Un résultat quelque peu étonnant au regard de l’engouement que connaît le métier depuis 3 ans. Offres d’emploi à foison, jobs évolutifs et de mieux en mieux reconnus, rémunérations attractives : tous les indicateurs semblaient pourtant au vert et auraient du concourir à l’épanouissement de ces experts très recherchés. L’édition de décembre 2015 du baromètre des responsables digitaux¹ (voir ici mon article à ce sujet²) avait le grand mérite de constituer en quelque sorte une première « alerte », en démontrant que les motifs d’insatisfaction et de frustration étaient en définitive assez nombreux, pour beaucoup de professionnels.

Las, disons le d’emblée : la nouvelle livraison de résultats de ce baromètre semestriel, dévoilée fin juin par Boléro et le magazine Stratégies, ne montre aucune embellie. Au contraire même : le niveau d’humeur des responsables digitaux plonge dangereusement dans le rouge, avec une note de 9,4 sur 20, tendant à prouver que le moral est résolument dans les chaussettes, cette fois.

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Des disparités suivant le contexte et les profils, mais une note moyenne globalement (très) basse

Alors certes, comme l’indique François Pinochet, directeur et cofondateur de Boléro, les perceptions peuvent s’avérer assez disparates, suivant l’entreprise et le profil des CDO interrogés. Interviewée par Stratégies et appelée à réagir à ces résultats, Cécile Lagé, directrice digital clients et innovation de FDJ, témoigne d’ailleurs de son étonnement : « Ce moral assez bas m’a surprise, parce que ce n’est pas ce que je vis. Mais il y a des natures de postes très différentes pour les responsables digitaux ou chief digital officers ».

Au-delà du secteur d’activité considéré ou du titre de fonction inscrit sur la carte de visite, le cabinet Boléro pointe surtout des différences significatives de perception en fonction du positionnement adopté au sein de sa structure par chaque responsable. Ainsi, en identifiant 5 grandes familles de CDO (le « geek », « l’apôtre », le « leader », « l’influenceur » et « l’ambassadeur » => voir ci-dessous le descriptif de chacune de ces familles), Boléro relève également des disparités assez nettes, avec des notes d’humeur qui varient de 4,9 sur 20 pour le CDO « geek » (le moins reconnu au sein de son entreprise), jusqu’à 13 sur 20 pour le responsable digital « ambassadeur » (11% seulement des responsables digitaux), qui bénéficie d’une forte reconnaissance interne et a souvent l’occasion de représenter l’entreprise à l’extérieur.

Mais quel que soit le profil considéré et à l’exception du CDO « ambassadeur » justement, la moyenne des notes attribuées par chacune des familles décrites ci-dessous, reste in fine très faible, au-dessous ou très légèrement supérieure à la moyenne…

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Niveau d’implication de la direction générale, présence dans les instances de direction, degré d’acculturation digitale de l’entreprise… Les freins identifiés par les CDO…

Lors de la présentation des résultats précédents du baromètre, en décembre 2015, François Pinochet avait déjà insisté sur l’importance, pour les CDO et autres responsables digitaux d’être présents dans les comités de direction. De l’avis général, parmi les professionnels interrogés, cette présence est certes un facteur de motivation indéniable mais surtout une condition devenue presque sine qua non, désormais, pour garantir la bonne avancée des projets et une meilleure visibilité/reconnaissance du rôle du CDO en interne. Je terminais d’ailleurs mon précédent article de blog au sujet du baromètre sur une exhortation à l’adresse des P-DG et des dirigeants d’entreprise, pour qu’ils donnent enfin les moyens et cette reconnaissance à leurs responsables digitaux, même si la fonction est encore assez récente (la plupart des CDO dans les entreprises ont été recrutés il y a moins de 4 ans).

De fait, tandis que plus de 60% des directeurs de la communication seraient membres du comité de direction de leur entreprise/organisation, les Chief Digital Officers sont moins d’un tiers (31%) à y participer.

Mais aussi important que ce soit ce facteur, il n’est pas le seul frein relevé par les responsables digitaux dans leur mission quotidienne. Les 4 autres points bloquants potentiels identifiés sont aussi : 1) le niveau d’implication de la direction générale sur les sujets digitaux ; 2) le degré d’acculturation digitale de l’entreprise et de la hiérarchie ; 3) le degré d’autonomie (vis-à-vis du marketing notamment mais surtout des DSI) ; enfin 4) la question des moyens et de l’implication des équipes dans les projets, ce dernier point pouvant également s’avérer crucial dans la réussite des projets.

Freins

Déjà la fin de l’état de grâce des directeurs du digital ?

Recrutés pour la plupart dans les 3 à 4 dernières années et souvent confrontés depuis à de vrais freins culturels et pesanteurs au sein  des organisations, les responsables digitaux  doivent par ailleurs de plus en plus rendre compte de leurs avancées et leurs résultats. Passée la période de lancement des démarches, ils doivent désormais justifier de leurs actions, à l’aune d’outils d’évaluation et de KPI qui se sont sensiblement affinés. Finie par conséquent la période « d’état de grâce » qui avait présidé à la création de ces nouveaux postes au sein des entreprises, d’après Pierre Cannet, P-DG du cabinet Blue Search : « La plupart des directeurs du digital ont été nommés en 2014, et nous assistons peut-être à la fin de l’état de grâce […] Ils sont arrivés pour évangéliser les entreprises et se rendent compte au fur et à mesure que cela est loin d’être simple et qu’ils peuvent être pris dans des jeux politiques »

En réalité, en constante évolution, le profil et les objectifs de la mission des responsables digitaux n’en finissent pas de se préciser, au contact de la réalité et à l’aune de la volonté et l’implication de leurs dirigeants. Autant statégiques que techniques, en définitive, ces nouveaux postes requièrent en effet une grande finesse, de l’expérience et un sens politique aigu pour pouvoir atteindre les objectifs impartis.

Bien conscients des contraintes, mais également de cet espace qui leur reste le plus souvent à conquérir, les directeurs du digital restent néanmoins globalement optimistes sur l’avenir de leur fonction, qu’ils/elles ne voient pas disparaître à court terme au sein des organisations. Car les besoins demeurent aujourd’hui immenses et la digitalisation des comités de direction et des entreprises est bien loin d’être achevée… En dépit des freins évoqués ci-dessus, 72 % d’entre eux continuent de juger leur fonction stratégique et la plupart estiment qu’elle peut être, le cas échéant, un excellent tremplin vers d’autres activités au sein de l’entreprise.

De quoi continuer à voir l’avenir en rose, assurément, même quand le quotidien n’est pas des plus faciles :-) !

 

Notes et légendes :

(1) Le baromètre semestriel des responsables digitaux, ou « Baronet » Boléro-Stratégies a été mené en décembre 2015 puis au mois de mai 2016, auprès d’une centaines de responsables en charge du digital (CDO, responsables du digital + quelques directeurs marketing et communication ou d’autres fonctions en charge du digital au sein de leur entreprise).

(2) « Non, les directeurs du digital n’ont pas (tous) le moral… », article du BrandNewsBlog du 22 décembre 2015

 

Crédit photos et infographies : Greg Guillemin, TheBrandNewsBlog 2016

 

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